‹ La messe (volume 4)Chapitre 21 sur 335 · ÉPOQUE BYZANTINE · texte numérisé non relu

ÉPOQUE BYZANTINE

L’invariable tradition des communiants debout reparaît au xie siècle dans les peintures byzantines, et notamment dans la célèbre église de Sainte- Sophie, à Kiev (1037). Là, dans l’abside, noustrouvons une mosaïque qui nous montre cette composition dans toute son ampleur. Au centre, au-dessus des trois croisées qui éclairent le chœur, on voit un ciborium carré, surmonté d’un cône crucifère à huit pans, orné de feuillages sur ses chapiteaux, de denticules à la corniche et sur les archivoltes; devant ce ciborium un riche autel, décoré de bandes, de fleurons d’or, et encadré sur le dessus d’une bordure d’or, d’une croix d'or et de gammadiæ d’or; là, les instruments du sacrifice, la patène montée sur pied et garnie de particules, l’astérique, la lance et un objet que je n’ai pu définir. (PL CCLIX.)

De chaque côté deux anges habillés en diacre appuient le bout de leurs flabella1 sur cet autel, flabella d’or formés d’un carré rompu aux côtés par quatre lobes et inscrivant un cercle, le tout semé de pierreries. Auprès de ses ministres, paraît le Christ vêtu d’une tunique grise rehaussée d’or à claves rouges, d’un manteau gros bleu; d’un côté il donne le pain à six apôtres qui s’avancent vers lui sous la conduite de saint Pierre ; de l’autre il présente le calice à saint Paul, suivi des autres apôtres2. Les apôtres sont peu colorés, leurs vêtements blancs ou sépia claire, avec bandes rouges; saint Paul est peut-être le seul dont la tunique semble bleue.

Sur le fond d’or de ce beau tableau se déroulent

les deux inscriptions suivantes :

A gauche :

-j- Acé|3s-s, oâysxs touto sativ to uo'j , to ü;:sp ûiamv

■/.À ojjacvov si? «ostsiv auapiicov —

1. Punuga ripida, c’est-à-dire une tête de chérubin au bout d’un manche en inétal or ou argent.

2. C'est par erreur qu’on a figuré trois apôtres comme manquant à la mosaïque.

Dobbert, p. 19.

Shanowski, Mémoires de la Société impériale d'archéologie. Saint-Pétersbourg, 1 856, VIII, p. 235.

Antiquités de l’empire russe.

Sabor de Sainte-Sophie à Kiev. — Société impériale d’archéologie, pl. V. — Chromo.

COMMUNION

A droite :

tc;sts e’Ç ocjTO'j 7:avT£ç ToCrrrJ G"tv vo atax pou xfjs y.aivfjç otaOrJy.rjç, -o ü-Èp upôiv y.a\ — oAAoiv Èxyuvo’psvov stç a’tps (atv â[A9pTlt3v.) (PI. CCLX.)

L’église Saint-Michel, à Kiev *, fondée en i 108 par Swiatopolk II, petit-fils de Jarosslaw Ier, possède une mosaïque un peu plus récente, mais assez semblable. On y voit de même Notre-Seigneur distribuant d’un côté le pain, de l’autre le vin. Il est représenté derrière les chancels. Il y a plus de mouvement parmi les apôtres, ou du moins ils sont groupés avec plus de recherche. Le ciborium manque.

A propos des mosaïques de Kiev, le prince Gagarine nous écrit qu’il a vu cette image répétée dans les absides de toutes les églises du Caucase, de la Grèce, de l’Asie Mineure qui sont antérieures au xme siècle. L’abside vers l’orient est ordinairement percée de une ou trois fenêtres hautes et étroites2; cette décoration se retrouve dans l’église d’Akhtalà (PI. CCLXI), en Cartalinie ou Khartvel. Cette église appartient, comme Sainte-Sophie de Trébizonde, construite par Alexis III (i 195-1203), à la catégorie d’édifices de la fin du xii° siècle, ou les formes romano-byzantines, les gros tores des archivoltes, leurs trilobés, etc., s’allient à des arcs en ogives. Elle est malheureusement en ruine; Omar Khan Lesghin, en 1 784, détruisit la coupole et dépouilla le temple.

L’intérieur, malgré son délabrement, offre un religieux aspect, et l’abside que nous allons visiter est pour nous particulièrement intéressante; la tribune, élevée de trois marches au-dessus du niveau de l’église, est pourvue du banc presbvtéral porté sur deux degrés ; sa conque est décorée d’une large peinture représentant la Vierge de Blaquernes; on y voit une trace du fanatisme musulman, le trou d’un boulet lancé par Omar Khan, qui traversa la tête de la madone. La mère de Dieu est sur un trône très riche, en or, avec dossier et coussin; elle porte l’Enfant Jésus vêtu d’or et levant les bras pour bénir; elle a robe bleue, manteau violet, souliers rouges.

Entre cette peinture et le banc presbytéral, la

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