‹ La messe (volume 4)Chapitre 210 sur 335 · I JO · texte numérisé non relu

I JO

CALICES

du mal: Adam et Ève; 2° Le buisson ardent: Moïse gardant des troupeaux et écoutant Dieu qui lui parle dans les flammes. Dieu nimbé lui fait un commandement d’une main, il tient de l’autre un livre ; 3° Moïse trouve la verge d'Aaron fleurie : les verges sont dressées sur l’autel, un rideau est noué derrière Moïse ; 40 Le Déluge , l’arche, Noé lâche la colombe.

Sur le bord du socle on lit en caractères grossièrement tracés:

-(-QUI MANDUCAT CARNEM ME AM ET BIBIT SANGUINEM MEUM IN ME MANET ET EGO IN EO, DICIT DOMINUS

Toute la synthèse des artistes allemands pour la composition des calices nous apparaît clairement dans celui-ci. Le pied, la partie la plus rapprochée de la terre, c’est l’ancienne loi, la loi sensuelle, figurative, l’histoire de l’homme déchu auquel la miséricorde divine rend l’espérance. Après sa chute, voici Noé auquel la colombe rapporte le rameau d’olivier, voici Moïse qui retrouve leSeigneur dans les lueurs du buisson, voici Aaron, le sacerdoce prophétique : ce sont les prémices de la révélation chrétienne, les premières assises de l’édifice dont le Christ doit être le couronnement. L’ascension de l’humanité vers l’idéal divin que les prophéties font luire devant elle, semble suivre, comme sur des degrés, les différentes hauteurs du vase mystique. De la sève de ces rameaux de cette souche première sort une sorte de fruit. Le nœud du calice se forme et nous voici devant l’Evangile rappelé par les quatre écrivains sacrés. Nous voyons Marie acceptant et commençant la mission divine à Nazareth et à Bethléem, saint Jean-Baptiste la préparant sur les bords du Jourdain, et enfin le Sauveur l’accomplissant sur le Calvaire. Alors tout est consommé; de ce nœud, comme d’une graine miraculeuse, sort et s’épanouit l’œuvre divine que la coupe large du calice nous retrace

triomphe ; au-dessus des figures qui gisent dans les fonds obscurs de l’Ancien Testament, au-dessus de la vie terrestre du Sauveur, voici la réalisation victorieuse de ses promesses et le fruit de ses souffrances. Sous les arcades enrichies de pierreries, sous le portique de la nouvelle Jérusalem, le Sauveur tient sa cour, il est sur son trône, il parle, il bénit, et les apôtres viennent participer à 1 sa gloire et boire à la coupe de l’éternelle Com¬

munion. On comprend facilement quelle belle progression suit la pensée de l’artiste depuis le pied du calice qui touche la terre jusqu’au bord du calice où s’appliquent les lèvres pour boire la liqueur de vie.

Ce calice est accompagné de deux chalumeaux

de om2 2, profonde de omoi5, garnie de quatre lobes en argent avec figures en niellé : i° en haut le Christ, vu à mi-corps, tient de la main droite une hostie et de la gauche un calice recouvert de sa patène, de chaque côté A et £2; 2° Abel, vêtu d’une tunique et d’un manteau, les mains voilées, offre l’agneau; 3° en face, Melchisédech, en costume d’évêque, présente le calice; 40 en bas, saint Trudpert, ermite et martyr en Brisgau (f 642), tient une palme à la main '. Ce saint semble désigner la provenance de ces beaux objets d’orfèvrerie.

Autour de ces quatre feuilles circule une inscription partagée en quatre segments par des médaillons demi-circulaires et ornés de pierreries et rinceaux :

Page 1