HILDESHEIM
XIIe SIÈCLE. —
noir, l’ Annonciation, la Crèche, le Crucifiement, la Résurrection , Dieu souverain juge. Le bord est gravé de différents ornements et soutenu par une gorge qui supporte tout. La hauteur du calice est de omi95. M. Darcel, auquel nous empruntons une partie de la description, voit dans ce calice un ouvrage allemand de la fin du xne siècle.
L’idée symbolique qui inspirait les orfèvres du xne siècle, dans la composition des calices, se trouve répétée sur un calice dont M. le docteur Kratz d’Hildesheim a bien voulu nous fournir la publication. (PL CCCXXI.) Il fut donné par saint Bernhard (i 1 3o-i 1 53) 1 à l’abbaye des bénédictins de Saint-Godehard, dont l’acte de fondation, que l’on conserve encore dans les archives delà paroisse, remonte à 1146. En argent doré, haut de omi7, il pèse environ 1,000 grammes (4 marcs 1 5 5/8). Le bord supérieur, excepté dans un demi-cercle laissé libre pour appliquer les lèvres, est enrichi d’une large bande avec pierreries et filigranes, encadrée par un cordonnet. On y compte : une cornaline, deux grenats, six saphirs, cinq cristaux, une émeraude, deux améthystes, une topaze. Au-dessous, quatre médaillons nous présentent : V Annonciation, Noël , le Calvaire et le Saint-Sépulcre.
La tige est coupée par un nœud richement orné avec feuillages retroussés et pierreries, parmi lesquelles huit grenats, quatre cristaux de roche, trois saphirs, une améthyste.
Sur le pied, quatre médaillons correspondent à ceux de la coupe. Dans le premier, on voit un jeune homme qui ouvre la porte d’un édifice posé sur une hauteur; il a une canne de mesureur à la main: c’est l’homme prophétique d’Ezéchiel (cap. xl, vers. 3; cap. xliv, 2), qui lui montre les dimensions de la future cité que doit construire le Christ.
Autour on lit la légende :
-)- PORTA NEGANS ADITUM GREMIUM NOTAT 1NVIOLATUM
Le second médaillon figure Melchisédech assis, coiffé d’une sorte de toque basse; il tient de la main droite un calice et de la gauche une hostie
1. Nous ne devons pas confondre cet évêque avec celui que nous avons mentionné au xi* siècle (99:! — 1022).
crucifère, des manipules lui pendent de chaque bras. La légende est celle-ci :