‹ La messe (volume 4)Chapitre 213 sur 335 · DIFFERT IN SPECIE SED AD UNUM SPECTAT UTRUMQUE · texte numérisé non relu

DIFFERT IN SPECIE SED AD UNUM SPECTAT UTRUMQUE

Le symbolisme, que nous avons déjà montré dans son développement sur le calice Basilewski, reparaît ici sous les mêmes traits. A la base s’étalent comme les racines de la révélation, Melchisédech, Moïse, Aaron, semences prophétiques de la parole divine qui surgit, tige féconde de Jessé, et déroule en tous sens les pousses tourmentées de sa sève, puis s’ouvre, s’épanouit à la façon d’une fleur dont les pétales portent des scènes évangéliques; enfin un diadème de pierreries scintille sur le haut de la coupe, il rappelle les élus, le bonheur et les ivresses dont ils jouissent en pressant de leurs lèvres les bords du calice eucharistique. La corolle mystérieuse, toute grande ouverte, semble attendre la rosée céleste.

La patène, qu’on a coutume de placer sur le calice, complète la pensée ; elle nous montre enfin le Christ glorieux que le calice vient de nous faire voir, prédit, figuré, annoncé, naissant, puis dans les douleurs du Calvaire ou les ombres du tombeau. Elle nous le montre assis sur l’arc-en-ciel, ayant l’escabeau sous les pieds, à la main le disque d’immortalité, et disant aux hommes cette parole d’amour victorieux qu’une légende recueille et dont elle forme son auréole :

-f- HUC SPECTATE VIRI, SIC VOS MORIENDO REDEMI

Huit lobes sont distribués alentour et ne touchent au médaillon central que par quatre de leurs

CALICES

pointes; on lit cette inscription festonnée sur leurs chanfreins :

+ HEC SACRA SUMPTURUS SIT MENTEQUE PURUS

-f- EX HOC NE PEREAT QUO VITE PREMIA SPERAT

Une riche couronne de pierres et de filigranes enveloppe le tout et n’est interrompue qu’en un endroit réservé pour le doigt du prêtre, qui saisit là plus facilement la patène ’. (PI. CCCXXVII.)

On montre aussi à Hildesheim, dans l’église Saint-Maurice, un calice d’argent doré ; il porte autour de la coupe, en gravure, les bustes des douze apôtres; la tige et le nœud sont enrichis de filigranes et de quatre médaillons contenant les symboles évangéliques ; quatre médaillons beaucoup plus grands couvrent le pied, on voit gravés les sacrifices d’Abel et de Melchisédech :

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