‹ La messe (volume 4)Chapitre 219 sur 335 · LATET NOVA LEX NOVUS IN CRUCE QUAM RESERAT REX · texte numérisé non relu

LATET NOVA LEX NOVUS IN CRUCE QUAM RESERAT REX

L’idée de rapprocher sur la coupe eucharistique les deux Testaments se manifeste continuellement au xue siècle en Allemagne, et nous l’avons montrée par d’autres monuments, mais elle n’est nulle part aussi claire qu’ici; les médaillons évangéliques suspendus au-dessus des médaillons bibliques semblent y correspondre, ils semblent s’y regarder comme on contemple son image au-dessus du cristal d’une fontaine; chaque trait de l’Évangile s’y retrouve dans le miroir biblique, belle conception, soutenue par une composition tranquille qui s’harmonise au mieux avec elle. Excepté sur le nœud, l’artiste n’a admis aucun relief dans son œuvre, mais seulement le niellé, cette gracieuse et parlante écriture qui ne nuit pas au galbe par les ressauts heurtés du travail au repoussé, qui ne gêne ni la lèvre, ni la main du célébrant, et qui

I rend sous ses lignes modestes la divine épopée tout entière.

Une inscription sur la tranche du pied peut servir à dater l’œuvre approximativement :

-f- PARCE CALIX ISTE PER QUOS DATUS EST TIB1 XRE BERTHOLDI MONITIS CUI SIS MITISSIME MJT1S

Il y a eu quatre Berthold, comtes du territoire où s’élève le monastère de Wilten, de 1027 à 1248. L’épigraphe reporterait ce calice au xne siècle, mais certains caractères des dessins le feraient descendre au commencement du xme. Il fut trouvé en terre avec sa patène et son chalumeau, en 1 3oq, vers l’époque où on restaura l’abbaye détruite par un incendie.

Cette patène n’est pas moins remarquable; elle présente à l’envers un crucifiement en ronde bosse avec cette inscription autour :

-j- PECCATUM XPC MUNDI TOLL1T CRUCIFIXUS

Sur les bords sont gravés la synagogue, les limbes, le Christ arrivant au ciel suivi de la troupe des élus. Il est reçu par un ange suivi de quatre séraphins; les mots : « Quia inveni ovem meam » sont écrits sur la banderole de l’ange. Celle du Christ porte le mot « Congratulamini ». Ces trois vers léonins sont gravés sur le bord :

-f- QUE REPROBAT XPM SINAGOGA MERETUR ABYSSUM ECCLESIE FIDEI DAT GRATIA GA UDI A CELI HIC HOMO I.ETATUR QUOD CEI.ICOLIS SOCIATUR

L’intérieur de la patène représente au centre les trois Maries ' devant le tombeau, qui est encore gardé par les soldats endormis, tandis que l’ange est assis sur la tombe entr’ouverte. Les soldats ont le casque conique et le vêtement justaucorps du xn° siècle. Deux vers expliquent cette scène :

Page 1