PER QU EM VITA DATUR MORTIS JUS OMNE FUGATUR
Sur les bords sont gravés le « noli me tangere », les pèlerins d’Emmaüs, l’incrédulité de saint
1. Selon Innocent III, c’est le cœur dilaté par la charité qui porte les saintes femmes à honorer le tombeau du Sauveur. (Du sacré myst. de l’autel, VI, 1.)
XIIe SIÈCLE. — RUSSIE.
Thomas, l’Ascension ; on lit encore cette inscription à la circonférence :
1UDICIIS PROBAT HIS SE VICTOR V1VERE MORT1S MEMBRIS IN CAPITE SPES EST FIRMISSIMA VITE UT REDIVIVUS ABIIT SIC OMNES VIVIFICABIT 1
Comme en France, et même d’une façon plus répétée, les artistes étaient habitués à représenter des calices dans la scène du crucifiement. Le musée de Darmstadt possède une plaque d’ivoire où l’on voit sous les pieds du Seigneur une coupe pour recevoir son sang; cette coupe a la forme des calices que nous venons de passer en revue, semi-ovoïde, nouée et pédiculée. La bande supérieure est ornée, il y a des canaux sur le pied"2; en outre, l’Eglise tend une autre coupe plus petite, godronnée, pour recueillir le jet de sang qui sort du côté du Christ. Dans le même musée, une figure sculptée sur ivoire, allégorie sans doute de la foi, tient de la main gauche une croix de procession et de la droite un large calice d’une forme bien allemande, avec une contracture dans le haut.
A la cathédrale de Genève, parmi les chapiteaux historiés qui ornent les nefs, on voit figuré un prêtre élevant un calice de sa main gauche, une patène de sa droite; le calice à large nœud, à pied conique, orné de bandes perlées qui le relient à la coupe, la patène avec ornements intérieurs et bord gemmé 3.
Les monuments de l’époque romane sont, comme on le sait, d’une extrême rareté en Russie; on cite cependant quelques spécimens de calices.
A Moscou, dans la cathédrale de l’Assomption, on conserve un calice et un disque en jaspe vert foncé, émaillé, garni de pierreries, d’inscriptions grecques, et attribués à saint Antoine le Romain.
1. Les calices à anses semblent avoir été abandonnés au xiii” siècle ; on en voit cependant un figurer sur le tombeau de saint Henri et sainte Cunégonde, à Bamberg, monument de la Renaissance.
On peut consulter pour le calice de Wilten :
Darcel, Les Arts industriels en Allemagne, p. 12.
Didot, Vie religieuse, p. 25o.
Revue allemande, 1 85g, p. 24, fig. I; 1860. PI. XXV, f. 2.
Karl Lind, Exposition de Vienne en 1874, p. 2-25.
Cour d’honneur de Marie, nov. 1880.