Niepce, Arch. lyonnaise
CUILLER
bœuf et l’àne, et la crèche au-dessous; enfin les rois mages. C’est un travail qu’on attribuait au xne siècle L
Le Père Quandel nous a communiqué plusieurs miniatures d’un manuscrit du xie siècle, conservé au mont Cassin ; au chapitre de Officiis on voit figurer, à côté du calice, un petit instrument qui ressemble à une cuiller (fol. 106 et iii, PL CCCXXXIXK On peut voir dans les coutumes de Cîteaux que les bénédictins en conservaient encore l'usage : « Si missam privatam cantare voce luerit, innuit converso cum signo crucis, quod « est signum missæ cantandæ ; sacerdos autem « primo manus suas lavat et tergit, mittit Hostiam « cum cochleari super patenam. »
On lit encore dans le nécrologe de l’église de Paris-: « L’an du Seigneur 1288, la veille des « ides de novembre, le lendemain de la fête de « saint Martin d’hiver, mourut Ranulfe, autrefois « évêque de Paris, de sainte mémoire, lequel nous « a donné, ainsi qu’à notre église, un calice d’or « avec sa patène et une cuiller du poids de trois « marcs et cinq sterling, quinze livres et six sous « parisis, et pour son anniversaire une rente an- « nuelle de douze livres. »
Le docteur Rock n’hésite pas à dire que l’usage de la cuiller était aussi familier aux Latins. En Angleterre, elle ne servait pas à distribuer l’Eucharistie, mais seulement à verser, avant la consécration, deux ou trois gouttes d’eau3 dans le calice, usage qui subsiste encore; les cuillers affectées à cet emploi ressemblaient à celles qui servent à prendre le sel.
La labida des Grecs, par sa forme, permet d’avaler facilement la cuillerée; les cuillers celtiques, trop larges dans le bout, n’auraient pas été commodes en cette circonstance , et devaient être réservées pour l’administration du baptême4. M. Albert Vay assimile la labida à la cuiller qu’il mentionne comme étant au musée de l’Académie irlandaise. La petite cuiller trouvée à S. Martin’