LANCE
L’Eglise grecque donne le nom de lance à un couteau à deux tranchants dont le célébrant se sert au commencement de la messe. — Il l’enfonce dans l’hostie pour rappeler la mort de Jésus-Christ et en prononçant diverses oraisons. Il coupe aussi le pain en quatre parts, une desquelles est ellemême divisée en quatre, pour rappeler la sainte Vierge, saint Jean-Baptiste, les anges, les prophètes, les apôtres, l’Église céleste, l’Église terrestre, l’Église souffrante.
Goar donne la figure d’un de ces instruments, qui a été souvent reproduite d’après lui; c’est exactement la forme d’une petite lance dont le manche forme une croix. Le couteau dont on se sert aujourd’hui dans l’Église grecque n’est pas exactement de ce modèle; il ressemble à une petite truelle aux tranches acérées et en acier. Le manche de bronze est guilloché; tout l’instrument a omi7 de longueur.
Un couteau liturgique paraît sur l’autel dans la mosaïque de Kiev. (PI. CCLX-CCXC.)
On conservait à Saint-André de Vercelli un couteau qui aurait appartenu à saint Thomas de Cantorbéry. La lame avait la forme d’une vraie lance à pointe émoussée carrément. Le milieu était évidé. Le manche cylindrique, en bois de
myrte, offrait en bas-relief la représentation des douze mois de l’année.
Lance liturgique dessinée à l’église russe de Paris.
Le couteau en Occident était souvent un signe d’investiture. Certains instruments de ce genre, préparés et ornés à cette fin, se conservaient en divers monastères et se déposaient sur les autels et jusque dans les châsses des saints b
M. Gay nous dit qu’on le rencontre dès le xie siècle. Celui que possédait la collégiale de Maubeuge semble un ustensile de sacristie; dans une charte de 1216, le couteau est mentionné comme objet de redevance annuelle -.