Bulletin d’ardu, 1879, pl. IV
CALICES
en relief. La présence simultanée de l’acclamation convivale et des poissons prouve que ces vases étaient des verres à boire et semble confirmer notre hypothèse de calices baptismaux. M. de Rossi attribue ces vases à la fin du me siècle *.
S’il était d’usage, dans les temps anciens, d’ensevelir les prêtres avec leur calice, on peut bien penser aussi que les chrétiens aient désiré déposer dans leur tombeau l’objet qui rappelait à la fois leur régénération baptismale et leur première communion.
IVe SIÈCLE.
On sait quel essor et quelle richesse l’art de l’orfèvrerie reçut dans l’empire byzantin. Le point de départ de ce mouvement remonte à son fondateur, à Constantin même et aux largesses qu’il fit aux églises. Alors, dans les nouvelles basiliques, les anciens calices de verre firent place à des vaisseaux d’or, ornés magnifiquement, les vases multipliés prirent des noms devenus nécessaires pour distinguer leur nombre et leurs emplois multipliés. — Ces trésors sont décrits minutieusement dans le Liber pontificalis. Nous y voyons que le César chrétien donne à Saint-Jean de Latran « calices minores ex auro purissimo quadraginta, « pensantes singulos libras singulas, calices « minores ministeriales quinquagenta pensantes « singuli libras binas » 1 2. D’après l’évaluation du poids, nous constatons que les calices ministériels étaient beaucoup plus grands, je ne dis pas le double, quoique l’indication du poids semble l’indiquer, parce qu’il faut comprendre dans ceuxci le poids des anses dont les premiers n’étaient peut-être pas garnis.
Constantin fut encore plus prodigue pour Saint- Pierre, où il donna non seulement des calices en métal précieux, mais des calices enrichis d’émeraudes, d’hyacinthes et d’une multitude de perles;