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ETOLES.
dessin (voir les manipules, PI. DXXVIII) et ces renseignements à l’obligeance du P. Didier.
On montre aussi à Provins des vêtements sacerdotaux de saint Edme ; l’étole est d’un caractère différent ; elle a 2m66 de long, elle n’est pas évasée dans le bas, où elle se termine par une frange; toute la bande est partagée en carrés alternativement bleus, blanc-jaune, verts, or, rouges, etc., et traversés par des piqûres blanches qui dessinent des croix et des ornements géométriques h
La chasuble du B. Thomas de Biville avait été sans doute donnée par saint Louis ; il est probable qu’il en fut de même de l’étole 2 qu’on y conserve, et qui est ornée, dans des carrés placés en diagonale, de singuliers dessins offrant l’aspect de croix gammées. Nous attirons l’attention sur ce dessin caractéristique du xm° siècle qui en aura peut-être pris l’inspiration dans les antiquités orientales, comme on voyait à la même époque affluer dans l’architecture romaine des réminiscences égyptiennes. Dans les anciens monuments de l’Inde, c’est un signe de bénédiction3.
On possède aujourd’hui, à la cathédrale de Sens, une étole du xme siècle qui est ornée de cette manière4; c’est un tissu à points carrés. Elle est partagée en deux rangées de carrés par des lignes échiquetées en or ; les dessins compris dans les carrés sont variés et renferment notamment la croix gammée si caractéristique de l’époque. Dans le bas elle s’élargit en s’arrondissant et se termine par une frange.
A défaut des monuments existants, nous devons ' rappeler ceux qu’on voyait autrefois dans les vestiaires liturgiques, et notamment l’étole de saint Etienne de Dreux, dont Monfaucon nous a gardé
i. Fichot, Mon. de Seine-et- Marne.
i. De Caumont, Abécédaire, 3° édit., p. 451. Ce savant, par erreur, l’appelle manipule; M. l’abbé Bonhomme, curé de Biville, a rétabli sa véritable destination.
3. Bull. d’Arch. chrét., 1868, p. g3. M. de Rossi me disait, du reste, que cet ornement vient si naturellement sous la main des artistes, qu’il n’est peut-être pas nécessaire au moyen âge de lui chercher une origine si lointaine.
4. M. Julliot en a fait un dessin soigné qu’il a bien voulu me communiquer.
Bull. arch. du Comité des trav. hist., 1 885 . Tirage à part.
11 en existe un dessin colorié dans les manuscrits de M. de Bastard, à la Bibl. nat., IX, 55.
le souvenir et des dessins1. — Avec la chasuble que Robert II avait donnée en 1218 à cette église, on y conservait une étole précieuse, garnie dans le bas, comme à Sens (PL DXXXVI), d’une rangée de clochettes d’argent massif. Sur le dessin elle est blanche avec ornements rouges. Ces ornements consistent en zones alternativement occupées par des fleurs de lis, des croix, des oiseaux, etc. Dans la partie inférieure, où elle s’élargit, est une figure de roi couronné2, portant un sceptre fleurdelisé, le costume est bien celui des princes du xme siècle; sur un vitrail de l’église de Poissy, il y avait une image de saint Louis avec une pèlerine de ce genre et un manteau doublé d’hermine3; on peut voir aussi, pour l’analogie, la statue de Rodolphe de Habsbourg, à la cathédrale de Strasbourg 4.
L’étole de Bayeux, attribuée comme la chasuble à saint Regnobert, mais qui n’a rien de commun avec ce vêtement, peut être classée aussi au xiii0 siècle. Cette bande de omoq s’élargit du double aux extrémités, elle égale 1 m5 7 de long; tissée sans couture, elle a toujours été destinée à cet usage. Elle se compose de fasces de drap d’or alternées avec d’autres de soie violette très foncée, les deux extrémités sont de drap d’or ouvré, orné de losanges, de zigzags, de frettes, etc., et décoré de petits carrés ou autres dessins de soie jaune ou verte. Tous les fonds d’or étaient originairement enrichis de semences de perles dont un grand nombre a disparu. Quelques parties dans le violet sont aussi relevées d’or ou garnies de perles. Tout autour règne un petit galon vert, le bas est garni d’une frange de même couleur, mais moderne5. Nous en donnons la copie d’après une aquarelle très soignée qu’a bien voulu nous communiquer M. Paul de Farcy. (PI. DXXXV.)
Les sceaux, malgré la petitesse des images qu’ils nous fournissent, peuvent offrir quelques renseignements que M. Demay était mieux à même que personne de recueillir0. Il nous montre l’étole