Demay, Galette des Beaux-Arts
XIIIe SIECLE.
placée simplement sur l’aube, ou, le plus souvent, entre l’aube et la dalmatique; on pourra voir les effigies d’Hugues d’Auxerre (1 120), de Guillaume du Mans (1 1 83), de Henri, abbé de Corbie ( 1 3 1 7), de Thibaud d’Heilly, évêque d’Amiens (1170), de Robert de Beauvais (1240), de Henri de Sens ( 1 2 5 7) ? etc., PI. DXXXVI.
Sur les sceaux nous trouvons des étoles dont les extrémités sont droites, pattées ou potencées. — Robert, abbé de Sainte-Geneviève (1242), porte une étole quadrillée, gemmée dans les parties inférieures, et terminée par trois pendeloques qui servaient peut-être, ainsi que les ornements métalliques qu’on y mettait, à mieux faire tomber la bande.
On cite des exemples d’étoles passées sur le cou. Bernard, archidiacre de Paris, la porte de gauche à droite ( 1 143*57). — Simon de Trie, chanoine de Beauvais, de droite à gauche (1278).
Au musée de Cluny (n° 56), sur une statue du xme siècle, nous avons dessiné une étole ornée dans le bas de trois losanges, et dont l’extrémité est découpée en une suite de pointes qui forment une sorte de frange.
Quelquefois l’étole était ornée de figures de sainte, comme celle que nous voyons mentionnée dans un inventaire publié par la Société des Antiquaires de Picardie, « samitum rubeum cum ta- « bernaculis et ymaginibus apostolorum inte- « gris », etc.
Gaignières nous conserve le souvenir du tombeau de Geoffroy de Loudon (-{- 1 2 55); sur un de ses dessins, l’étole s’y présente étroite et frangée d’or.
Une miniature d’Arras (PI. CDX) nous montre une étole au contraire fort large et le carré du bas coupé par des diagonales qui forment croix de Saint-André.
Sur une miniature de Douai un évêque porte l’étole sous la dalmatique, blanche, pattée, en or, frangée à l’extrémité. (PI. DL.)
A Saint-Nicolas de Givray, une peinture nous
1. Man. 45. Isidor. mercatoris canones, etc. Cette bande est si étroite qu’on pourrait supposer qu’elle forme les bouts de la ceinture.
présente un prêtre à l’autel, avec une étole jaune, bordée de rouge, frangée de rouge et très évasée'. (PL DCXIII.)
C’est surtout au portail méridional de la cathédrale de Chartres2 que l’iconographie du xme siècle nous fournit de précieux renseignements sur les vêtements liturgiques de ce temps; nous avons voulu en prendre nous-même des calques oii se trouvent fidèlement rappelés des somptueux ouvrages que les brodeurs fabriquaient alors pour l’Église. Ons’étonne que la sculpture ait si bien pu rendre l’effet des broderies. Les étoles y sont la plupart droites, et toutes terminées par des franges; elles passent sous la dalmatique des évêques et même sous la tunicelle; elles offrent autant de variétés que de richesses. L’une, divisée en trois parties sur la longueur de la bande, est brodée de petites croix de Saint-André, et terminée par un carré gemmé. — Une autre a sa bande losangée et dans chaque compartiment du treillis une élégante rosace. — Une troisième est occupée par des rosaces et bordée d’un galon à pointes de fougères. — Une quatrième est ornée de quatre lobes reliés par des traits d’union, terminée par un carré où quatre segments de cercle sont concentrés autour d’un carré. Souvent l’étole est à peine visible et laisse seulement passer ses franges sous les tuniques. (PL DXXXV.)
Sur un tombeau épiscopal de la cathédrale de Coutances, nous avons dessiné une image d’étole frangée et passant entre l’aube et la dalmatique.
Dans l’inventaire de Saint-Paul de Londres (1295), on trouve une étole d’ouvrage sarrasin, décorée de nœuds, d’animaux et de fleurs en broderies 3.
Bock publie, dans V Histoire des vêtements liturgiques , une étole qui nous rappelle, pour le style, les dessins géométriques des croix gemmées de celles de Bayeux ou de Provins; elle a om07 de