Garrucci, Storia dell’ Arte, PI. clxxvmi, cxc
DALMATIQUES
Les verres dorés offrent des renseignements intéressants; nous citerons, entre autres, celui qui fait partie de la collection du baron Recupero sur lequel on voit un homme et une femme en orantes. L’homme est vêtu d’une dalmatique à manches étroites, ornée de plusieurs bandes de pourpre, et dans la partie inférieure de deux triangles, de deux cercles aussi en pourpre dans lesquels sont divers dessins ; il semble porter en dessous la penula. La femme, sous la toge qui forme écharpe, porte une dalmatique encore plus riche que rappelleront les splendides costumes consulaires des ve et vie siècles.
Sur le verre doré du Vatican, ou une servante est figurée un flabellum à la main, nous trouvons une image de riche dalmatique, dans le même genre que la précédente, cercles sur les épaules, bande de pourpre sur les manches étroites; sous les bras, sur la poitrine, autres médaillons; dans le bas, polygones encadrant des rinceaux, enfin au bord inférieur une tige ondulée1 2. (PL XD.)
Saint Laurent est représenté sur les verres dorés3 4 en dalmatique et penula.
Vp-VIe SIÈCLES.
fournissent des images de dalmatiques du ve siècle; ce sont de larges tuniques descendant un peu audessous de la cheville, garnies de deux claves assez écartés qui sautent par-dessus l’épaule; la largeur des manches est surtout caractéristique, elle dépasse ce que nous avons vu sur le tombeau de Veneranda, à Sainte-Pétronille, et s’écarte de plus en plus de la façon du colobium. On sait que les manches longues étaient rares chez les Grecs et à Rome : c’était un usage plutôt réservé aux femmes, et dont on emprunta le luxe aux étrangers; les manches tombantes surtout se rencontrent dif¬
ficilement sur les monuments, elles apparaissent dans le costume des rois assyriens et peuvent être considérées comme une importation orientale. Nous les trouvons ici dans un vêtement clairement liturgique, elles sont bordées d’un double clavus dans les mêmes proportions que ceux du corps de la dalmatique. Jean Diacre, dans la Vie de saint Grégoire, nous apprend que Paschase portait une dalmatique avec manches très amples.
L'auteur de la vie de saint Césaire d’Arles raconte que ce saint étant allé à Rome, le pape Symmaque lui accorda l’usage de la dalmatique pour ses diacres, à l’imitation de l’Eglise romaine, « dia- « cônes ejus perinde ut Romana Ecclesia diacones « dalmaticis uti voluit L »
Est-ce une de ces tuniques que l’on garde encore à Arles et qu’on dit provenir du saint évêque? Elle est en tissu de laine, à gros grains, façon reps, de couleur brune ; une étroite ligne blanche, clavus angustus, circule autour du cou, sur la poitrine et les manches; elle ne porte, assure-t-on, aucune trace de couture.
Si nous nous reportons aux mosaïques romaines contemporaines, San-Andrea in Cata Barbara, Saint-Paul-hors-les-murs, nous verrons les tuniques blanches et ornées de claves pourpre foncé ou noir.
J’attribuerai à la même époque un bas-relief à Kostolac, en Servie, qui représente un saint entre un taureau et un lion, qu’il semble apprivoiser. Ce saint porte, au-dessus de sa tunique, un vêtement dans le genre de nos blouses, descendant au-dessous du genou et garni de manches très courtes 2.
Un des plus anciens exemples que nous trouvions dans l’iconographie des dalmatiques nous est fourni par un sarcophage chrétien de Briviesca (près de Burgos), conservé dans le musée provincial0. On y voit un diacre, habillé d une dalmatique qui descend jusqu’aux chevilles, ornée de claves, garnie de larges manches avec bandes semblables aux claves et sous lesquelles le personnage croise et cache ses mains. Je suppose ce mo-