Smith
b. Bibl. nat., latin, 1 1915.
à celui du pallium, et que la tradition antique, conservée entre les mains du souverain pontife, lui donnât ici un prix exceptionnel. A cet égard nous parlions tout à l’heure de la concession de Symmaque, en voici une seconde encore plus intéressante, consignée dans une lettre de saint Grégoire le Grand à saint Aredius, évêque de Gap : « Quoique nous ayons appris tes désirs, « nous ne nous sommes pas hâté de les satisfaire, « de peur d’agir avec précipitation dans une chose « nouvelle (novurn non inconsulte et subito). « Nous concédons à toi et à ton archidiacre la « permission de vous parer de la dalmatique, et « nous vous transmettons ces dalmatiques, par « notre très cher fils, l’abbé Cyriaque. De plus, « dans le concile dont nous avons décrété la réu- « nion contre l’hérésie simoniaque, par notre « père et co-évêque Syagrius, nous prions votre « Sainteté d’assister et de donner à ce frère le pal- « lium que nous avons envoyé1. » On voit que ce vêtement s’envoyait de Rome comme un insigne, comme le pallium et comme aujourd’hui la barette cardinalice.
Saint Grégoire lui-même et ses diacres portaient la dalmatique à Rome. Dans le sacramentairë grégorien, à la rubrique du jeudi saint, nous lisons: « Ingressi sacrarium induunt dalmaticas tam ponce tifex quant omnes diaconi. »
Il parle aussi dans ses dialogues du diacre Parchasius, dont la dalmatique2, posée sur son cercueil, avait causé la guérison d’un possédé.
Pour les images de dalmatiques, c’est encore aux monuments de Ravenne qu’il faut recourir; à Saint-Vital, nous voyons saint Maximien figuré avec une longue tunique talaire, blanche, garnie de deux claves noirs ou pourpre très foncé qui descendent verticalement des épaules, et ornée aux manches d’une double bordure de même couleur. Les clercs qui l’accompagnent et qui sont dépourvus de chasubles, ont une dalmatique semblable. A Classe, les types sont les mêmes. Nous avons