‹ La messe (volume 5)Chapitre 133 sur 303 · Labarte, Arts ind., 2° édit., II, PI. li, p · texte numérisé non relu

Labarte, Arts ind., 2° édit., II, PI. li, p

DALMATIQUES

Le pontifical du dôme d’Eichstaett mérite spécialement de nous arrêter; il nous montre la figure de l’évêque Réginald (-J- 98g) qui porte une dalmatique fort courte, descendant peu au-dessous des genoux, blanche et traversée dans sa longueur par deux claves rouges ; ces claves sont coupés par un grand nombre de traits de même couleur. Cette dalmatique est remarquable non seulement par son peu de longueur, sa couleur blanche, mais aussi parce qu’elle recouvre une tunique violette. (PI. DXL.)

Nous avons gravé sur la même planche une miniature à peu près contemporaine et qu’on voit à Bamberg (cod. 11, f° 65). La dalmatique est encore figurée assez courte dans cette peinture, en jaune brun avec plusieurs claves jumelés d’une teinte foncée.

Pendant que les Latins descendaient la pente d’une décadence de plus en plus profonde, l’Orient voyait les arts atteindre une prospérité qui devait profiter à la liturgie.

Nous avons, à l’article de l’aube, dit quelques mots des tuniques orientales, lesquelles ne paraissent pas avoir été doubles, comme chez nous ; elles conservaient encore, on peut le voir dans la miniature du n°5io de la Bibliothèque nationale ou dans celles du ménologe du Vatican, les belles traditions antiques, leur majesté, leur ampleur, avec des claves ordinairement doubles. (PI. CDLXVII.) Il faut voir dans les scènes liturgiques auxquelles ces miniatures nous font assister, la pompe éblouissante et la simplicité vraiment auguste de ces stoles blanches à reflets pâles de jaune ou de vert n’ayant d’autres ornements que les deux claves de pourpre descendant sur toute la longueur, pour rappeler les ruisseaux de sang sortis du côté du Seigneur, et des galons de même couleur dans le haut des manches.

Chez les Grecs cette tunique liturgique s’appelle le sticliarion; elle se distingue surtout de notre dalmatique par la longueur de ses manches serrées aux poignets.

Une des charges alléguées contre Athanase était d’avoir demandé aux Egyptiens de lui fournir des sticharions qui ne devaient pas servir aux ecclésiastiques.

Saint Germain, patriarche de Constantinople

au vme siècle, parle du sticharion; il dit qu’il est blanc pour rappeler la splendeur de Dieu et la gloire des prêtres. Les bandes (Xwptà) sur la manche sont un souvenir des liens auxquels se soumet le Christ; les bandes verticales symbolisent le sang qu’il versa sur la croix.

La couleur blanche, la plus générale1, celle de l’Apocalypse et des plus anciens monuments, ne se maintient pas invariablement. Dans le ménologe du Vatican, les tuniques sont souvent de couleur. Codinus parle de pourpre pour le carême.

Dans les plus anciennes représentations orientales de la communion des apôtres, les tuniques sont de diverses couleurs avec doubles claves et doubles bandes pourpres sur l’épaule. (Voy. Communion.)

C’est peut-être chez les Coptes que nous pouvons retrouver, sinon les images, du moins les traditions les plus anciennes; les monuments modernes peuvent nous en conserver le souvenir2. Le tunîah des Coptes correspond, comme le remarque M. Renaudot, au sticharion des Grecs, cependant il n’a pas de claves.

Sur un pilier de Al Mu’allakah, orné d’une peinture du vme siècle, on voit une figure d’archevêque avec une dalmatique brodée de petits cercles et dont les manches descendent au poignet. 11 est possible que ces manches n’appartiennent pas précisément à la dalmatique, qu’elles soient des epimanikia détachés.

Dans l’abside de Abu’-S-Sifain, les figures portent une aube et une dalmatique en couleurs; il en est de même des apôtres sur l’iconostase et des figures sur la clôture de la chapelle méridionale, à Al’Adra Damshirîah. Le rouge et le vert semblent avoir été les couleurs préférées.

La figure de saint Etienne, peinte à Abu-Sargah, au xve ou au xvie siècle, porte un vêtement à fond bleu tout brodé de roses et de feuillage. La dalmatique est ouverte sur la poitrine. Le col est orné de riches bordures et de pierreries, les manches sont serrées au poignet s.

Dans l’église de Abu’-S-Sifain, au côté nord de la nef, près de l’ambon, deux peintures représentent Constantin et sainte Hélène habillés de même ;

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