‹ La messe (volume 5)Chapitre 134 sur 303 · Id., II, p · texte numérisé non relu

Id., II, p

XIe SIÈCLE.

ils portent, ce qui est rare en Orient, deux tuniques, l’aube et la dalmatique, dont la longueur est presque égale. En bas de la dalmatique on voit une sorte de feston brodé qui forme zigzag.

A Saint-Nicolas du Caire un ancien sticharion desoie bleu pâle est chargé de fleurs, de médaillons de saints largement dessinés et ornements avec perles. La dalmatique portée aujourd’hui par le patriarche dans les grandes fêtes est tissue d’or ; elle correspond à l’ancien vêtement ouvert latéralement sous les bras, elle est garnie de petites cloches.

On voit chez les Coptes des dalmatiques ornées de riches broderies, ayant sur la poitrine une madone, au-dessous une figure de Mari Girgis combattant le dragon, avec une inscription arabe; sur chaque manche un ange, les ailes étendues, un semis de croix sur la partie inférieure des manches, une belle croix sur le dos1 2.

Bibl. nat. Passion de saint Dcnys, Xe ou xi° siècle (latin, 1 1 7 5 1 , t'° 59).

XIe SIÈCLE.

C’est de Rome que sortit l’usage de la dalmatique liturgique pour se généraliser dans la chrétienté ; c’est de Rome aussi qu’émanait le privi¬

lège de la porter. Ainsi Léon IX concéda à l’abbé du Mont-Cassin, en 1049, droit de revêtir la dalmatique non simplement comme les diacres, mais sous la chasuble, comme les évêques, et d’avoir en même temps la mitre et les sandales’.

Plus tard, Adrien IV l’accorda, en 1 i5q, à l’abbé de Corbie, Eugène III (1 iq5) à sept chanoines de la cathédrale de Cologne *.

La chronique du Mont-Cassin nous apprend que cette abbaye, au temps de Didier, possédait de magnifiques dalmatiques3 avec de splendides orfrois :

« Dalmaticæ similiter exametæ, auro et albis a « capite, manibus ac pedibus insignita. Tunica « diapistia cum urna amplissima a pedibus et ma- « nibus ac scapulis aurea. » Il est encore question, au xie siècle, de huit « Dalmaticæ paratæ » et de onze autres sans parure, de cinq tuniques avec parure et de dix-neuf qui en étaient dépourvues.

Un manuscrit du xi° siècle, que l’on conserve encore au Mont-Cassin, et dont le Père Latilnous a communiqué lecalque des miniatures(Pl.DXXI V), nous offre au chapitre « De clericis » de curieux spécimens de dalmatiques; nous voyons qu’elles sont larges des manches, qu’elles descendent jusqu’aux pieds, mais qu’elles ont peu d’ampleur dans la jupe; les lecteurs portent la chasuble pardessus, et les thuriféraires une tunique talaire, ceinte, à manches étroites et garnie d’une large bande qui fait le tour du col, descend en avant jusque dans le bas, ou elle se retourne en bordure.

Le lecteur, dans une autre miniature, est vêtu d’une tunique de ce genre. D’après ces peintures il semblerait qu’à cette époque l’Italie méridionale n’employait pas toujours la double tunique, et qu’elle ait pris cette coutume des Grecs, avec lesquels elle était en relations continuelles.

fC.0X-KA^P

Le Pontifical de la Minerve, à Rome, qui a dû être illustré par un artiste du sud de l’Italie, de la seconde moitié du xe siècle, nous fournit un grand nombre d’images de dalmatiques qui recouvrent l’aube et ne la laissent voir qu’aux poignets. Elles sont blanches , garnies de claves d’or que décorent de distance en distance des groupes de quatre points. Les manches sont d’une ampleur qui rappelle les types antiques, elles sont garnies

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