De Bastard, Peintures des manuscrits
XIe SIÈCLE.
matique de même couleur que la précédente, avec cercles d’or semés, ceinte aussi et ornée de claves rouges; les bandes, assez larges, sont interrompues de distance en distance par des noeuds doubles au-dessous desquels s’échappent de petits glands. Les manches sont amples. (PI. XIII.)
On figurait souvent les anges dans les costumes des diacres pour symboliser leurs fonctions dans le ciel ; le peintre de ce manuscrit s’y est conformé, et parmi les anges qu’il a groupés autour du trône du Sauveur, on en voit revêtus de dalmatiques; j’en ai dessiné un qui porte cette tunique rouge, avec larges manches et ceinture; une large bande d’or en traverse obliquement la jupe, et un autre orfroi d’or, qui ressemble à un pallium en Y, descend verticalement dans le milieu jusqu’au bord inférieur; l’aube qu’on voit dessous est bleue (f° i 5).
Un manuscrit des dialogues de saint Grégoire (latin 2267) nous offre un curieux dessin au trait d’un diacre en dalmatique; elle est fendue latéralement et présente dans la partie inférieure des plis amples et libres; deux claves assez rapprochés descendent en avant, ils sont teintés de rouge dans le bas, ainsi que les dix houppes qui s’y rattachent. Un amict semble déborder sur les épaules.
Dans un ordo romain (latin 1 23 1 , f° 1) on voit un évêque habillé d’une dalmatique jaune à reflets rouges, bordée d’or. (PI. DXLV.)
Dans la Vie de saint Aubin (Bibliothèque nationale, nouv. acq.), le saint est figuré avec une dalmatique jaune, doublée de bleu, agrémentée d’ornements rouges et garnie dans le bas d’une bordure rouge et losangée. Ailleurs elle est blanche, ornée dans le milieu d’une bande avec petites traverses rouges horizontales. (PI. CCLXIX.)
Le traité de saint Hilaire, de la Bibliothèque nationale (latin 1699 f° 5), nous montre un évêque portant une dalmatique verte, avec larges bordures d’argent aux manches et au bas de la jupe; les claves qui joignent cette bordure inférieure sont aussi d’argent, sertis de rouge. On remarque ici que l’échancrure latérale prend un caractère définitif et ornemental; ce n’est plus seulement une fente destinée à dégager les jambes et sur laquelle on ne cherchait pas à attirer le regard; nous la voyons s’arrondir, et la bordure, comme si on voulait la rendre plus visible, en fait le tour. (PI. DCLIV.)
Les manuscrits de Limoges (latin 8, t. 1 1 .f° 223) nous offrent aussi des échancrures arrondies; la dalmatique qui les porte est rouge, garnie de plaques d’or en avant et de côté, les manches sont larges et bordées d’or; on y voit une tunique (f° 228) où on supplée à l’ouverture par l’ampleur des plis; ailleurs (t. i,f° 91) la bordure inférieure est bordée de petites rosaces.
Le manuscrit de Valenciennes, dontM. de Linas a bien voulu nous communiquer les dessins, présente une dalmatique violette à bordure gemmée, pourtournant l’échancrure, qui paraît tout à fait circulaire. (PI. DLL)
Nous arrivons à l’époque où le goût de la richesse se réveille dans la fabrication des vêtements liturgiques et leur impose des orfrois couverts de pierreries; nous citerons à ce propos un monument d’orfèvrerie qui en est un bel exemple, le buste de saint Théofrède *, revêtu d’une magnifique dalmatique; ce vêtement est enrichi d’une bande qui forme le tour du cou, descend verticalement au milieu ; cette bande est rehaussée de sept cabochons en cristal de roche alternant avec des fleurons estampés en saillie. Notons ici l’orfroi central qui remplace les deux claves antiques, et que les modernes ont adopté.
Cet orfroi central dans les dalmatiques, plus large que les claves, est orné, et relié en haut avec le col, en bas avec la bordure inférieure. Nous en donnons un exemple sur un dessin de la Bibliothèque d’Albi, où notre Seigneur, enlevé par les anges, porte un vêtement de cette sorte ; on remarquera que les anges, au contraire, sont habillés de chasubles (liber sacramentorum, n° 6.) (PI. DXLV.)
La bande unique et centrale s’observe aussi sur le sceau de Pierre, évêque de Bayeux'2; elle est très large et quadrillée.
Les dalmatiques anglo-saxonnes ne paraissent pas inférieures aux nôtres pendant le xie siècle ; un manuscrit du British-Museum (Harl. 2820) nous offre l’image d’un saint en vêtements sacerdotaux et portant une dalmatique pourpre pâle avec bordure d’or dans le bas. Deux claves très étroits et