Migne, clxxiii
DALMATIQUES
à une petite distance du bord d’une bande semblable aux claves; au lieu des points on y voit aussi des croix. (PI. DXLIV, DLXXIV, etc.)
Dans l’exultet qu’on a réuni au précédent manuscrit, nous trouvons des dalmatiques plus riches, avec claves plus larges, et mieux ornées; sur Tune de ces peintures il y a une sorte de superhuméral orné de rinceaux et un bracelet autour du bras. (PI. CXGIV.) Ailleurs le diacre est vêtu d’une dalmatique blanche, garnie de claves formés de deux raies rouges avec losanges d’or au milieu, sur l’épaule descend une bande de rinceaux d’or qu’encadrent aussi deux raies rouges. Les manches ne sont pas droites comme primitivement, larges vers le bord, elles se rétrécissent à l’entournure; elles sont bordées d’une bande bleue qui paraît frangée. (PI. CXCIII.)
Un exultet que possédait d’Agincourt1 donne des dalmatiques fort semblables aux précédentes.
A Saint-Clément de Rome, dans la fresque représentant les funérailles de saint Cyrille, auprès de l’autel est figuré un diacre qui porte une dalmatique jaune, avec losanges dans lesquels sont tracées en blanc des croix et des garnmas à la façon orientale; cette tunique est garnie dans le haut d’une collerette gemmée et dans le bas d’une bordure portant également des pierreries ; de larges claves rouges descendent tout le long verticalement; les manches sont larges, elles paraissent plus étroites à l’entournure qu’au bord ; elles sont agrémentées d’une frange cousue à quelques doigts du bord. Les porteurs de reliques sont plus simplement vêtus, ils ont une dalmatique rouge, bordée de bleu ou de jaune, avec gemmes dans le bas, et qui cache presqu’entièrement l’aube. Les manches sont très ouvertes. (PI. XII.)
La fresque figurant la messe de saint Clément et le pontife qui se retourne vers les fidèles, est particulièrement intéressante. On y voit sous la chasuble une riche dalmatique ornée de losanges au milieu desquels sont des oiseaux qui tiennent des fleurons dans leur bec. Cette tunique est pourvue de manches excessivement amples et garnie dans le bas d’une bordure gemmée. (PI. DLXXV.)
Dans une autre peinture de l’église souterraine de Saint-Clément, au-dessus de la mort de saint
i. Hist. de l’Art, PI. liii, liv.
Alexis, on voit des figures malheureusement coupées par le haut, les archanges Michel et Gabriel couverts de dalmatiques tout ruisselantes de perles et de pierreries; les deux évêques Clément et Nicolas, qui les accompagnent, montrent sous leurs chasubles des dalmatiques moins riches, mais encore pourvues de belles bordures avec pierreries.
Ce genre de parures pour le bas des dalmatiques paraît en fréquent usage dans l’Italie du xie siècle. Monfaucon a fait copier dans les manuscrits du Mont-Cassin la scène de l’abbé Jean recevant un livre; un des personnages, debout devant lui, porte sous la chasuble une dalmatique enrichie dans le bas de cabochons alternativement circulaires ou carrés, avec un groupe de dix perles dans les intervalles h
Dans les mosaïques du vestibule de Saint-Marc de Venise, on trouve une représentation de dalmatique qu’on peut rapprocher de celle de saint Clément ; elle est bleue avec losanges et ornements d’or; de côté paraît une bande crucifère rouge avec ornements d’or. — Le bas est décoré d’une bordure en feuillage.
C’est au xie siècle qu’on vit se répandre l’usage d’ouvrir les côtés de la dalmatique jusqu’au-dessus du genou, cette coupure devenait nécessaire à une époque où le vêtement était moins étoffé et où il devait gêner le mouvement des jambes. Les miniatures du missel de Saint-Denis me paraissent un des plus anciens monuments de cette transformation. Dans la représentation du martyre de saint Étienne, le saint diacre, debout devant les bourreaux, porte une dalmatique jaune dorée, traversée verticalement par des claves d’or que d’autres bandes, aussi en or et géminées, coupent horizontalement; des raies pareilles occupent la longueur des manches; cette dalmatique a la particularité nouvelle des fentes latérales; elle a celle aussi d’être ceinte2. (Latin 9436, f° 71e.)
Au folio 106 du même manuscrit, le diacre saint Éleuthère, derrière saint Denis, porte une dal-
1. Bibl. nat., latin 1 1 g 1 5, f» 119. Ce manuscrit contient l’esquisse originale beaucoup plus naïve et meilleure qu’un dessin lavé préparé pour la gravure.