Voy. aussi Willemin
XIIe SIECLE.
sa dalmatique la bande centrale ornée de perles, des bordures ornées aux manches et deux galons qui simulent un superhuméral autour du cou; tandis que les deux suivants n’ont que la bordure inférieure. On observera aussi que ces manches ont peu d’ampleur. (PI. DLVIII.)
Ces tuniques sont ordinairement figurées en étoffe unie, mais, en réalité, elles étaient souvent prises alors dans les riches tissus sarrazins qui abondaient dans toute l’Europe au xne siècle. U ne relique que l’on conserve à Delémont (Suisse) comme étant une manche de la tunicelle de saint Germain de Granfeld1, nous en paraît une preuve ; en effet, ce fragment semble appartenir plutôt à l’époque romane qu’à celle du saint martyr. Son ornementation se compose de grands médaillons reliés par de petits cercles et remplis d’arabesques; deux bandes sont appliquées sur cette étoffe de lin qui ressemble à du satin. Au xiie siècle, on a renouvelé les vêtements de tant de corps saints que nous ne serions pas surpris de voir un souvenir et un nom antiques attachés à une relique plus moderne.
Sur le frontispice d’un manuscrit contenant les dialogues de saint Grégoire, dans la Bibliothèque de Bruxelles (99 1 6, folio 1), nous voyons le saint pontife écoutant les inspirations de la colombe et les dictant à son secrétaire; il porte la dalmatique verte avec riches bordures d’or; celle du bas est ornée d’imbrications, ce que nous n’avions pas encore vu ; elle se relève plus étroite pour entourer les échancrures ; les manches ont peu d’ampleur; le secrétaire porte une ample tunique de dessus violette, que la largeur des manches nous autorise à prendre pour une dalmatique.
Au folio 48 du même manuscrit, nous trouvons une dalmatique pourvue, en bas et aux manches, d’une large bordure d’or et de deux claves étroits avec floches. Sur le folio 1 5 , un évêque est représenté assis, habillé d’une dalmatique bleue, bordée d'or avec pierreries entremêlées de perles, nouvel exemple de la mode des bordures gemmées qui se répandait partout.
Le Liber floridus de Gand (fol. 6) nous montre
1. Qliquerez, Objets d’antiquité provenant de l’abbaye de Moutier s-Grand- Val, Strasbourg, 1866.
une dalmatique jaune, à reflets rouges, sans bordure dans le bas, mais garnie aux manches d’orfrois verts, agrémentés de cercles, de losanges et de perles. (PL DLXXXXIII.)
La cathédrale de Peterborough, parmi les anciens tombeaux qu’elle conserve, nous donne sur l’effigie de l’abbé André (j 1 199) 1 un bel exemple de dalmatique, ornée à la parure du bas de deux rosaces séparées par un fleuron. La sculpture dont M. Lord, avec une parfaite obligeance, a bien voulu nous fournir des dessins et moulage, est d’un fort relief et prouve que la broderie des ornements liturgiques, à cette époque, savait atteindre des effets remarquables. Au contraire, sur un autre tombeau de la même église, les ornements plus nombreux paraissent tout à fait plats. (PL DLIII.)
On voit d’après les sceaux que les Anglais ne se bornaient pas à décorer richement le bas des dalmatiques, mais qu’ils prenaient aussi le vêtement entier dans de précieux tissus. Robert de Chesney, évêque de Lincoln (1 147-66), porte une dalmatique avec médaillons circulaires, tangents les uns aux autres et ornés de rosaces. Les échancrures latérales sont circulaires et peu prononcées, les manches très ouvertes à l’extrémité et bordées. (PL DLIII.)
Sur le sceau d’Alexandre, évêque de Lincoln (1123-47), au lieu de cercles, la dalmatique est toute brodée de losanges, sa bordure inférieure gemmée; une petite rosace dans chaque losange.
Citons encore, parmi les sceaux du British Muséum, celui si fin et si délicat de Guillaume, évêque de Londres (1199- 1221), dont la dalmatique montre pour parure un large orfroi qui va d’une échancrure à l’autre, orné de trois losanges complets et de deux demi-losanges avec fleurons dans le milieu.
Un des monuments qui permet le mieux de se rendre compte de la richesse des dalmatiques allemandes pendant l’ère romane est une statuette de diacre, haute de omq2, qui faisait partie de la