Charitas patiens est, benigna est, non æmuletur, etc
« primé ainsi que les huit classes de l’humanité « dans lesquelles il se répand, les rois et les « peuples, les princes et les juges, les jeunes gens « et les vierges, les jeunes et les vieux. La ligne du « milieu1 est la tige de la charité. Le côté gauche « est frangé parce que la vie active est pleine d’an- « goisses, le côté droit en est dépourvu parce que « la vie contemplative est notre meilleure part. « Souvent elle est blanche et d’un tissu varié pour « montrer à la fois la pureté et la variété des ver- « tus; elle est ornée d’orfrois pour rappeler ce « texte : « Astitit regina a dextris tuis in vestitu « deaurato circumdata varietate. »
« Les diacres se servent de la dalmatique et de « l’étole et, à certains temps, de la chasuble; par « la dalmatique, ils doivent apprendre à vivre « saintement; par les franges de la main gauche, « par l’étole posée sur l’épaule gauche, à supporter « le fardeau de la vie active- et, comme Etienne, à « servir les veuves et les orphelins. »
Innocent III émet les mêmes pensées : « La dal- « matique par son ampleur représente la miséri- « corde abondante dont Jésus-Christ nous a donné
« le précepte et l’exemple . par son ampleur et
« la largeur de ses manches, elle figure la largesse
« et la libéralité . elle présente deux longues
« bandes écarlates à droite et à gauche, devant et « derrière, depuis le haut jusqu’au bas, pour « montrer que le pontife doit brûler d’une ardente tt charité; elle porte quelquefois des franges qui « expriment les sollicitudes de la vie active, telle « qu’il convient à un évêque d’en avoir à cause « des âmes dont il a la charge. »
Robert de Segni (f 1 1 23) s’occupe aussi du symbolisme de la dalmatique.
En France, ces idées symboliques se modifiaient suivant les changements du vêtement lui-même; ainsi, au xi° siècle, Jean de Bayeux (-}- 1079, De Officiis ecclesiasticis ) voyait, dans la blancheur de la dalmatique, la pureté ; dans les claves de pourpre, le zèle pour la prédication et l’amour du prochain ; dans les douze houppes seulement2 qu’il y avait de son temps, les douze rameaux de la charité que l’Apôtre énumère en disant : « Charitas patiens, etc.»
1. C'était le temps, comme on l’a vu, où il y avait trois claves.
2. Nous avons vu plus haut Sicard plus exact en disant quinze rameaux, car c’est bien ce nombre que saint Paul attribue aux qualités de la charité ( Epist . ad Corint., I, XIII, 4).
XIIIe SIÈCLE.
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Pour Hugues de Saint-Victor (-J- 1141)*, la forme de. la croix montre à celui qui revêt la dalmatique qu’il doit crucifier les vices; les lignes de pourpre lui rappellent l’effusion du sang divin; les franges, sorte de langues, signifient les paroles du prédicateur; les franges de gauche, les troubles de la vie active; la partie opposée qui en est dépourvue, la vie contemplative; la largeur des manches, la libéralité.
Ce symbolisme n’étaitpas seulement familier aux docteurs versés dans les sciences ecclésiastiques,
Vitrail du xm® siècle, au Mans, d’après M. Hucher.
mais avait cours dans le monde et était compris du vulgaire ; nous le voyons par ce passage d’une chronique de Reims au xme siècle : « Et puis après la danmike en quoi on list l’Evangile, qui doitiestre blanche et senefie droiture 1 2 ».
Citons enfin Durand de Mende, l’écho des traditions de son temps et de Rome qu’il avait longtemps habitée (-J- 1296)3:
« Le pontife revêt immédiatement la dalma- « tique, d’après l’institution du pape Sylvestre, et « on la croit empruntée de la tunique sans couct ture, du Seigneur et du colobium des Apôtres.