‹ La messe (volume 5)Chapitre 164 sur 303 · EPOQUES MODERNES · texte numérisé non relu

EPOQUES MODERNES

Nous passerons rapidement sur les temps modernes, nous contentant d’indiquer quelques monuments auxquels on peut recourir pour achever l’histoire des dalmatiques. Nous citerons d’abord le bas-relief du couronnement à Monza, qui nous fournit un bel exemple; derrière l’évêque consécrateur un diacre se tient debout, et garde la crosse: il porte une ample dalmatique ornée de bordures, aux manches et aux poignets, de plaques d’orfrois sur la poitrine et dans le bas. Le collet est droit et semble bien appartenir à la tunique ; les manches ont une coupe remarquable, elles descendent obliquement du col au poignet, au lieu qu'en dessous elles se raccordent normalement avec le corps du vêtement ; elles sont très amples. La dalmatique est traversée par une riche étole formant bandoulière, qui descend du bras gauche pour se rattacher à son autre extrémité sous le droit1.

Dans les fresques d’Antonio Veneziano au Campo Santo de Pise, on voit des clercs portant des tuniques à manches étroites, l’une bordée d’une

i. Phot. de Bianchi

bande quadrillée ; ce serait plutôt des aubes si elles étaient talaires1 — Un r étable, qui.se trouve dans le même lieu et qui provient de l’église San- Francesco, offre un diacre vêtu d'une riche dalmatique sur laquelle on retrouve les couleurs à demieffacées, un semis d’élégantes rosaces bleues et or, des orfrois sur la poitrine et dans le bas encadrés de gracieuses découpures en or, des dentelles du même genre aux manches.

A Saint-Pierre d’Avignon on conserve la dalmatique du bienheureux Pierre de Luxembourg 2 (1369-1387) en forme de T, longue de im,o5, large de om,7o; Les manches fermées ont ome3 sur om,3e. Le corps du vêtement est tissu en soie blanche croisée, semée de perroquets, d’hippogriffes et de geais disposés parmi des guirlandes, le tout en or avec quelques points de soie cramoisie. Les parements du bas et des manches sont analogues mais à fond rouge ; l’un montre des cygnes, l’autre des biches et des oiseaux; M. de Linas, auquel nous empruntons cette description regarde cette dalmatique comme un travail italien.

Dans la Bibliothèque de l’Ecole de Médecine de Montpellier (ms. 74, expositio Missæ)3 en tête d’un manuscrit du xe siècle, on a placé une miniature qui n’est pas antérieure au xive siècle et qui représente un prêtre devant l’autel avec les deux diacres derrière lui. Ceux-ci portent des dalmatiques en sepia clair, fendues latéralement et qui paraissent plus longues derrière que devant : elles sont très décolletées.

L’inventaire d’Amiens de 1 347 parle d’une dalmatique de diacre toute dorée et qui servait dans la cérémonie de bénédiction du cierge pascal; d’une autre avec ornement, « de uniformi diaspro viridi « operato cura pavonibas et bestiis figuratis « habentibus pedes et capita de auro* ».

Parmi les images qui peuvent éclairer l’histoire des dalmatiques au xive siècle, citons, à la Bibliothèque nationale, la vie de Saint Denys (latin

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