Cette mosaïque a été souvent reproduite
Rossi, Hist. Rav., p. 897.
Ci ampini, Vet. mon., pl. XXII.
I sambert, Hist. de Justinien.
Garrucci, Pl. CCLXIV.
Hefner, Costumes, chromo.
Phot. de Ricci, etc., etc..
CHASUBLES
couture au milieu, comme on le distingue nettement sur la peinture ; on a dit que sa coupe était un cercle parfait avec un trou au centre pour le passage de la tête ; elle n’est pas assez plissée audessus des bras pour qu’on puisse accepter cette hypothèse. D'ailleurs la coupe circulaire, ce que je sais par les fabricants de chasuble et par l’expérience que j’en ai tentée sur une maquette, produit souvent un amoncellement de plis qui remontent vers le cou d’une façon disgracieuse. Il est donc probable (PI. DLXIII) que l'étoffe était plus courte sur les bras, pour leur imposer une moindre charge. A propos du dégagement du bras, je proposerai une remarque, dont je n’offrirai la conclusion qu'avec réserve. En examinant cette mosaïque et celles de l’abside de Classe, qui la répètent pour les chasubles, on observera que le bras droit est non seulement libre, mais que, pour être libre, il ne lui a fallu se dégager d’aucun pli, tandis que le bras gauche est caché sous une abondance d’étoffe extraordinaire. Faut-il attribuer cette circonstance à la faute du dessin du mosaïste ou l’expliquer en imaginant le trou de la tête, sensiblement reporté vers la droite, et laissant entre le cou et l’avantbras une médiocre quantité d’étoffe? Cette dernière explication, qui rapprocherait ce Vêtement de la chlamyde, me paraît assez plausible.
Il est impossible de ne pas reconnaître dans ces vêtements des pénules antiques agrandies et consacrées définitivement au service liturgique; mais, à la même époque, il y en avait d’autres portées dans le monde et par les femmes de cour, ainsi qu’on peut le voir dans la même église de Saint- Vital sur la mosaïque vis-à-vis ; ces dernières sont d’une coupe différente, moins longues en avant, telle à peu près que le deviendront plus tard les chasubles, et surtout ornées avec une magnificence de tissus et de dessins que les ecclésiastiques de Ravenne à cette époque semblent avoir repoussée.
On peut, en élevant les yeux jusqu’à la conque de la tribune, trouver une autre figure de chasuble sur la mosaïque de saint Ecclesius tenant, pour la présenter au Sauveur, le modèle de l’église. Les deux mains sont voilées1.
A Classe, la mosaïque de l’abside représente
saint Apollinaire en orante, vêtu d’une chasuble violette toute semée de fleurs blanches. Le caractère de ce vêtement paraît différent des précédents, et le Père Garrucci 1 le juge avec raison d’une époque postérieure.
A Saint-Apollinaire le Neuf, une des métopes de la nef est occupée par la scène du Pharisien et du Publicain priant dans le temple; le premier porte une chasuble jaune, le second rouge; la coupe ressemble aux précédentes. (PL DLXII.)
A cette époque où l’Orient ne s’était pas encore soustrait à l’heureuse unité de l’Eglise, les costumes liturgiques avaient grande ressemblance avec ceux des Latins; nous en verrions une preuve dans les mosaïques de Sainte-Sophie de Constantinople, si elles ne restaient ensevelies encore sous le badigeon des Turcs; on y a représenté des évêques du ive siècle enveloppés de blancs phelonia assez semblables aux pénules d’Occident.
Dans la Bible syriaque"2 peinte à peu près dans le même temps, un abbé est figuré, dans les miniatures, couvert d’une large chasuble, dont il relève les plis en avant, avec ses deux bras, pour tenir l’évangéliaire. Sur les plis relevés on voit brodés deux petits quatre-feuilles.