‹ La messe (volume 5)Chapitre 188 sur 303 · Garrucci, PL lxxxiv · texte numérisé non relu

Garrucci, PL lxxxiv

Laurent avec la chasuble et se voilant le bras gauche pour porter la croix et l’Evangile. Cette peinture nous prouve que les diacres portaient alors ce vêtement.

Une chasuble était un présent princier; le pape Boniface III (606) en envoyait une en soie et poils de chèvre tins au roi Pépin 1 ; c’était un présent d’amitié que les évêques échangeaient. On prétend que saint Augustin envoya à saint Livin (f 656), le jour même de son ordination, une magnifique chasuble tissée d’or et ornée de pierreries : « casulam purpuream auro gemmisque « compositam et stolam cum orario gemmis pre- « tiosis auroque fulgido prétextant -. »

On aimait de plus en plus orner magnifiquement les vêtements pontificaux ; on dit que saint Agilbert (-J- 680), évêque de Paris, avait, pour célébrer, une chasuble tissue de soie et d’or, garnie de franges d’or3.

Au viio siècle, sainte Eustadiole, abbesse de Bourges, faisait des vêtements sacrés et décorait les autels de parements précieux où brillaient des broderies et des franges d’or 4.

Nous avons vu, d’après les mosaïques de Ravenne, qu’au vie siècle les pénules étaient portées par les laïques comme par les clercs, et qu’elles formaient aussi le vêtement des femmes d’un rang élevé ; nous ne doutons pas que cette mode fût générale alors; nous pouvons du moins, devant les curieuses miniatures du Pentateuque de la Bibliothèque nationale, affirmer qu’elle était adoptée en Gaule au vne siècle. Nous avons choisi, pour la graver, la peinture du f° 76 de ce manuscrit où l’action liturgique qu’on voit représentée offre pour nous un intérêt particulier, et nous retrace, jusqu’à un certain point, le saint sacrifice sous les Mérovingiens. Moïse, descendant du Sinaï, lit au peuple assemblé autour de l’autel la loi qu’il vient de recevoir de Dieu. Sur la table sacrée sont déjà les vases du sacrifice, auxquels on joint les pains d’offrande. Excepté Moïse, qui semble vêtu d’une sorte de toge, tous les personnages de ce tableau, et d’autres que notre cadre

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