‹ La messe (volume 5)Chapitre 190 sur 303 · Hist. Franc., II · texte numérisé non relu

Hist. Franc., II

long desquelles serpentent des rinceaux, leurs pénules blanches, violettes, teinte neutre, etc., leurs colliers, et l’éblouissante coiffure ou s’entremêlent, sous le voile, les nattes de cheveux, les résilles, les perles, et les gros cabochons qui pendent des oreilles. Voici, si je ne me trompe, les éléments exacts d’une scène liturgique telle qu’elle avait lieu dans la chapelle palatine de Dagobert ou de Clovis IL Nous les recueillons avec soin comme les documents les plus précieux que nous puissions offrir à hos- lecteurs pour l’histoire de la messe dans ces âges éloignés.

Les femmes anglaises se distinguaient dans ces travaux d’aiguille du temps de saint Cuthbert ; on en cite une surtout qui excellait à préparer des tissus de pourpre qu’elle brodait d’or1.

Nous verrons de même Hadwiga, fille de Henri, duc de Souabe, offrir à saint Gall des cha-

subies de soie et autres ornements brodés à la main. Les plus remarquables étaient une aube sur laquelle la noble ouvrière avait représenté en or une scène de noces, une dalmatique et une tunique de sous-diacre presque en or2.

On se servait aussi de vêtements profanes pour en composer des ornements sacrés. Les rois aimaient surtout offrir à l'église les objets qui avaient servi à leur couronnement, et qui devenaient ainsi un hommage de leur dépendance visà-vis d’elle; cette pensée eteette coutume inspiraient sans doute les empereurs du moyen âge qui se couvraient au moment de leur sacre de vêtements sacerdotaux; elles inspirèrent évidemment aussi ce roi de Mercie qui donnait au monastère de Croyland la chlamyde de pourpre qu’il portait à son couronnement, afin qu’on en fît une chape ou une chasuble (ad capam sive casulam faciendam 3 4).

A l’Exposition de Liège1 on voyait des broderies conservées à Mæseyck et qu’on assure avoir fait

1. Femina igitur prædicta, operis texturæ scientia purpuraria nobilis exstiterat, et aurifrixoria artificiosæ compositionis peroptima super omnes angliæ mulieres tune temporis principaliter enituerat (Reginaldi mon. Dunelm. libell. de adm. B. Cuthberti virtut. etc., cap. lxxiv, p. i5a). F. Michel.

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