‹ La messe (volume 5)Chapitre 192 sur 303 · Gerbert, Liturg. al., p · texte numérisé non relu

Gerbert, Liturg. al., p

VIIIe SIÈCLE.

Les chasubles ne semblent pas décroître à l’avènementdu vm° siècle. La chasuble dupapeJeanVII qui se fit représenter à saint Pierre, offrant son oratoire à la mère de Dieu, est aussi ample que celle de saint Venance; par derrière, elle tombe jusqu’aux chevilles, et, en avant, elle peut voiler facilement, sous ses plis, les mains du pontife ; elle est de couleur rouge L

Ces vêtements restèrent tels jusqu’à la fin du siècle. Une autre mosaïque, celle de saints Nérée et Ach i liée 2 en fournit témoignage. Dans le tympan du grand arc elle rappelle la transfiguration ; les trois apôtres prosternés sont habillés de chasubles bleu foncé et d’une ampleur majestueuse. C’est la première fois peut-être que nous voyons des apôtres couverts d’habits liturgiques, mais ils conservent, de l’ancienne iconographie, les vestes litteratœ qui deviendront dans le cours du moyen âge d’un usage si commun. — On y voit représentées des lettres d’une grandeur extraordinaire: un P pour saint Pierre, un H pour saint Jean. (PL DLXV.)

On s’est demandé souvent quel était le but et la signification de ces majuscules dont les mosaïques nous offrent de nouveaux exemples. Était-ce un souvenir de l’antique Grèce où Zeuxis faisait écrire en lettres d’or son nom sur ses vêtements ? était-ce un des mystères de la liturgie primitive dont la signification claire pour les chrétiens d’alors est restée inexpliquée pour nous? une allégorie, comme les deux lettres T et P, que Boëce voyait sur les vêtements de la philosophie personnifiée? enfin, comme le croit Ciampini3, faut-il y voir simplement des marques de fabrique et les initiales des mosaïstes ?

Ces solutions ne paraissent guère satisfaisantes. Il est difficile d’y reconnaître le sigle du personnage représenté, lorsque, par exemple, nous voyons, sur le pallium du Sauveur, successivement les lettres H I S; sur celui des anges C H I

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