‹ La messe (volume 5)Chapitre 193 sur 303 · Vêt. mon., I, ch. xm · texte numérisé non relu

Vêt. mon., I, ch. xm

CHASUBLES

L T ; de saint Pierre et de saint Paul, H I L N P S O; de saint Jean, H L O. L’allégorie se comprendrait pour le T qui représente une croix, mais ces signes assez rares s’appliquent à des saints dont ils ne sont pas précisément la caractéristique. Il est rare de trouver les signes sur les vêtements des femmes, tandis qu’ils sont multipliés sur ceux des hommes. La version de Ciampi ni paraît encore la plus raisonnable en y montrant des marques de fabrique , quoiqu’il soit impossible de les prendre pour les noms des auteurs. L’érudition nous signale, pour auteurs de certaines mosaïques de Ravenne, Cuserius ou Euserius, Paulus, Janus ou Statius, Stephanus1 : or, dans les lettres en question, les initiales de ces artistes ne nous paraissent pas.

Le voile n’est pas facile à lever sur le problème. En attendant une meilleure solution, ne peut-on penser que l’usage de noms inscrits passa de l’antiquité dans les mains mécaniques des Grecs qui n’y virent plus bientôt, eux-mêmes, aucun sens et qui, à travers tout le moyen âge, ne cessèrent de répéter des lettres, devenues de simples ornements. Du ve au xme siècle, des mosaïques de Sainte-Marie-Majeure à celles de Latran les mêmes signes se reproduisent; pendant ces huit siècles, plus de vingt générations s’étaient écoulées entraînant avec elles des changements dans la langue et de plus grands dans la pensée. Seul, l’art byzantin restait debout comme un vieillard, devenu étranger au milieu de temps nouveaux, dont il ne savait plus la langue. Il s’est présenté dans l’histoire de l’art un fait analogue au moment où l’Occident, devenant industriel, s’est émancipé des ateliers arabes; à cette époque, les Latins ont continué à orner leurs bordures d’inscriptions coufiques que non seulement ils n’entendaient pas, mais qu’ils devaient étrangement mutiler pour les besoins de l’ornementation.

Le concile de 742 2 prescrivit aux prêtres et aux diacres de ne pas quitter la chasuble, qui semble depuis ce temps être devenue exclusivement un vêtement d’église.

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