‹ La messe (volume 5)Chapitre 216 sur 303 · Ann. bened., t. I · texte numérisé non relu

Ann. bened., t. I

Viel-Castel.

Voici le texte joint au dessin (ms. latin 11192, f° 182). Mémoire pour l’explication des figures en bas-relief de saint Léger , du duc Attique et de sainte Othile.

Ces figures, représentant le duc Attique, sainte Othile, saint Léger, ont été tirées de l’abbaye de Sainte-Othile, autrefois Hombourg, où était une communauté de filles, et à présent est unie à la mense épiscopale de Strasbourg,

XIe SIÈCLE.

l’attribuer au xe siècle; Mabillon,qui le reproduit aussi penche pour le xie siècle.

Le xie siècle est représenté pour la France par un beau manuscrit de la Bibliothèque de Boulogne renfermant les Confessions de saint Augustin. Il s’ouvre par un frontispice qui figure l’assomption de saint Lambert — Le saint évêque, en bas, est étendu dans son sépulcre; au-dessus, deux anges ravissent son âme, sous les traits d’un enfant nu ; le Sauveur assis dans une auréole l’attend au Ciel ; à droite et à gauche, l’Aumône et la Patience, la sainte Vierge et saint Bertin, abbé, dans des médaillons, célèbrent les vertus du saint confesseur. Il a une chasuble rouge très courte en avant et très longue par derrière, qui porte un orfroi en J, orné de zigzags, — au-dessus, un collier avec des demi-cercles entourés de perles. (PI. DLXXXI.)

Parmi tous les documents iconographiques du xie siècle, nous ne pouvons oublier la vie de saint Aubin, acquise depuis quelque temps par la Bibliothèque nationale. Les chasubles qu’on y voit figurées sont à larges plis, beaucoup plus longues

et dans laquelle réside une petite communauté de Pères Prémontrés. Elles ont été tirées, dis-je, sur une pierre qui a quatre faces, deux desquelles ont deux pieds et demi de roi de largeur et les deux autres un pied et demi. La pierre a quatre pieds et demi de hauteur, et les figures un peu moins; cette pierre a servi anciennement de pilier pour soutenir une arcade de l’ancien cloître.

Les quatre faces apparaissaient, et ceux qui l’ont vue avant qu’elle ne fût posée ont dit que la face opposée à celle qui représente nos figures était fort effacée, mais qu’elle paraissait représenter la Vierge Marie. Celle qui est opposée à saint Léger représente la duchesse Bersuinde, femme du duc Attique et mère de sainte Othile. Cette pierre fut tirée, il y a environ trente-cinq ans, de l’ancien cloître pour être posée dans une muraille du nouveau bâtiment fait par Msr l’évêque de Strasbourg d’à présent. Mais ces bâtiments ajÿint été brûlés en 1680, le R. P. Mourot, prieur de Sainte-Othile, fort curieux des antiquités de cette abbaye, l’a fait poser dans l’endroit où elle est à présent, dans un angle du cloître qui fait paraître trois faces. En sorte qu’il n’y aura que celle qui représente la sainte Vierge qui soit cachée dans la muraille; il n’y a à présent que la face qui représente saint Léger qui paraisse, les deux autres étant couvertes de deux murailles qui seront ôtées quand on achèvera le bâtiment; mais le R. P. Supérieur de Sainte-Othile eut l’honnêteté, au mois de septembre dernier, de faire démonter une partie de la muraille qui cachait la face qui représente la figure du duc et de sainte Othile pour la faire voir au P. Mabillon et à sa Compagnie. Mais l’angle gauche de cette face n’a pu être entièrement découvert. Le peintre n’a pu découvrir ce qui était une main qui paraît sortir de dessus le trône du duc Attique; les lettres au-dessus de cette figure étant remplies de terre, il n’a pu le tirer. L’on en pourra avoir un plus grand éclaircissement au printemps, qu’on fera découvrir les quatre faces.

derrière que devant; l’une est brune, doublée de minium, traversée, sur les épaules, d’une large bande d’or avec ornements noirs, terminée en collet bleu, peut-être un surhuméral, traversée aussi d’un orfroi vertical avec petites rosaces retombant en avant ; — une autre chasuble du même manuscrit en gros bleu, doublée de rouge, se termine simplement dans le haut par un collet carré en or. (PL CGLXIX — DLXXXI I — DVC.)

Le manuscrit latin 833, f° 167, verso, nous fournit une ligure d’évêque avec une chasuble rouge terminée au col par une bande blanche qui est peutêtre aussi un surhuméral. (Voir aussi latin 8878, f° 1 3, verso.)

Le manuscrit des miracles de saint Benoît (Ms. 2273), à la Bibliothèque de Troyes, nous vaut de précieux renseignements que nous rappellerons ici. Nous y observons des chasubles, singulièrement courtes en avant, qui ne descendent qu'à la ceinture et qui par derrière deviennent talaires (PI. X et XI, vol. I, p. y3); au f° 57, la chasuble porte les orfrois en Y. (PI. DLXXXIII.)

La figure de l’archevêque Stigant, représentée sur la tapisserie de Bayeux, est de la même époque. (PI. DLXXVI.) La différence de longueur entre les deux côtés du vêtement n’apparaît sur aucune image aussi clairement que sur celle-ci. Nous en avons fait la coupe et supposé la largeur de 1 mètre. — M. Viollet le Duc1 hésite à admettre le témoignage des peintures dans cette circonstance; cependant il est quelquefois si nettement exprimé, il est tant de fois répété et il se justifie si bien par le désir de dégager les mouvements des bras en rejetant les lourdes draperies par derrière, qu’il me semble impossible de le refuser. Ajoutons que, parmi les rares chasubles que de longs siècles ont pu nous laisser en les respectant, celle de saint Willigis à Mayence, qui a un quart de longueur de plus par derrière, peu nous confirmer dans cette opinion 2.

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