Latin 11912, p
Voir un évêque assis, mitre et en chasuble, dans Y Album de Villard de Honnecourt. (Pl. 1.)
XIIIe SIECLE.
dessins d’une teinte plus foncée. Ces dessins, qu’on a maintenant peine à distinguer sans l’aide d’une loupe, sont de grands médaillons qui renferment des perroquets affrontés, de petits cercles avec étoiles qui les relient entre eux, et des arabesques dans les tympans. Autour des médaillons circule une inscription coufique, signifiant gloire à Dieu , expression fréquente dans la bouche des Orientaux. Les deux mots de l’inscription sont répétés deux fois et opposés les uns aux autres, de manière que ceux placés à gauche se lisent de droite à gauche, ceux placés à droite se lisent de gauche à droite.
Dans le bas de la chasuble règne un grand galon peut-être de fabrication française du xine siècle, avec arabesques, griffons, et tissé en soie de diverses nuances sur un fond d’or fin; la bordure du collet et les bretelles disposées en croix sont moins anciennes et en plusieurs morceaux. Elles forment le principal indice d’une restauration.
Le tissu est évidemment sarrasin et peut être plus ancien que saint Edme, à l’époque duquel la France commençait à émanciper son industrie des importations étrangères; mais l’habitude, le goût de l’arabe l’emportait encore et on brodait au xve siècle sur les vêtements des inscriptions coufiques. (PL DCVII.)
Voici, en quelques mots, l’histoire de cette chasuble : Saint Edme, archevêque de Cantorbéry1, avait quitté l’Angleterre pour se soustraire aux persécutions religieuses et s’était réfugié en France. Il vint à Soisy, où il mourut le 16 novembre 1241. Son corps fut remis aux bénédictins de Pontigny, et ses ornements pontificaux furent déposés à l’abbaye de Saint-Jacques, puis ils passèrent à Saint-Quiriace, lors de la Révolution. C’est là que le Père Didier, missionnaire de Pontigny, a eu la bonté de dessiner cette chasuble pour cet ouvrage ~.
On conservait à Saint-Pierre-le-Vif, à Sens, avant la Révolution, une chasuble qui porte le nom de saint Ebbon (-J* ”5o) et qui vient d’être dernièrement réintégrée dans le trésor de la cathédrale. Elle est assez semblable à celle de Provins et aussi en forme de cloche; développée, elle offre
1. J’ai écrit dans cette ville, où l’on ne conserve plus aucun ornement de ce saint.