M. Julliot vient d’en faire des dessins très soignés
On peut voir YInventaire du trésor de Saint-Pierre de
Bull, de la Société arch. de Sens, 1877.
Semaine religieuse de Sens, nov. 1884.
Julliot, Bull, archéol. du Comité des trav. hist., 1 885 , p. 6 du tirage à part.
MESSE
vu — 22
CHASUBLES
Après les chasubles de Provins et de Sens, nous citerons la chasuble de saint Yves, que l’on conserve dans la paroisse de Louannec (diocèse de Saint-Brieuc), dont saint Yves fut curé de 1293 à i3o3. Elle est en forme de cloche, beaucoup plus longue par derrière que par devant et très ample en sa largeur. M. l’abbé Le Moine a eu l’obligeance de nous en fournir les mesures, un calque et une description. Elle est ornée de griffons affrontés dont les pattes antérieures se dressent sur les rinceaux; chaque paire est séparée de la voisine par une étroite bande de fond avec un carré au milieu orné d’une rosace. Le fond est en soie ; les griffons et autres ornements tissés en fils d’or ont pris l’aspect d’argent; l’étoffe est épaisse; la chaîne, en gros fil de lin, trame de soie pourpre non tordue L
L’authenticité de la tradition se base sur les inventaires successifs du trésor de Louannec. Ces inventaires, qu’on peut suivre jusqu’à une date contemporaine du saint, indiquent toujours cette chasuble comme ayant servi « au bienheureux « Yves Helory de Kermartin, prestre official de « Tréguer et recteur des paroisses de Tretrez et « de Lohanech ». Il nous paraît fort probable, à juger de cette chasuble d’après sa coupe et son étoffe, qu’elle remonte non seulement à saint Yves, mais à une date beaucoup plus ancienne. (PI. DCVIII.)
Si le xme siècle conservait encore quelquefois la coupe romane dans les chasubles qu’il fabriquait, le plus souvent il leur donnait une forme nouvelle, c’est-à-dire plus échancrée par le bas. Cette échancrure s’effectuait ou en partie droite, ou en tiers-point, ou meme tout à fait en cercle.
L’église de Saint-Etienne, à Dreux, avait jadis une chasuble de cette dernière coupe, dont nous avons conservé le souvenir dans un dessin des portefeuilles de Montfaucon1 2. L’étoffe était de taffetas rouge, ornée de groupes de quatre lions avec une seule tête et d’aigles à deux têtes. Sur ce fond étaient appliqués de riches orfrois en broderies d’or avec une infinité de perles; à l’intersection des orfrois sous le cou, se trouvait un médaillon à quatre lobes; en avant, il contenait une