Ms. Latin x 1 g 1 3, p. 98, i
tête de chérubin, en arrière, un agneau’. Comme nous le disions, le bord inférieur est circulaire, et on peut être sûr que cette coupe est de l’origine, car il était tout garni encore de clochettes et de grenades en argent massif, telles que le moyen âge en faisait fréquent usage dans le bas de ses vêtements. Nous avons dû mentionner déjà plusieurs fois ces franges sonnantes, réminiscence, sans doute, du costume du grand-prêtre juif; et nous aurons lieu, notamment pour la chape d’Aixla-Chapelle, d’en parler de nouveau.
Cette chasuble, si intéressante à cause de sa forme, de sa richesse, l’était aussi, au plus rare degré, par l’inscription brodée le long des orfrois et qui déterminait exactement sa date : + Robertus secundus cornes dédit me sancto Stephano drocensi, anno gratiœ millesimo ducentissimo decimo octavo. (PL DCV.)
A Bi ville, l’échancrure faite sur l’ancienne forme n’est pas tout à fait circulaire; la pointe inférieure est encore un peu accusée par une légère pointe déterminée par l’intersection de deux arcs de cercle. Cette chasuble remonte, suivant la tradition, au bienheureux Thomas de Biville (-J- 1257), et aurait été donnée par saint Louis luimême. Elle se compose d’un tissu de soie, partagé en une infinité de losanges ou sont brodés alternativement des aigles, des fleurs de lis, des châteaux et des lions. Les aigles font partie des armoiries de la maison de Maurienne, à laquelle appartenait la reine Marguerite; le lion et le château sont les armes de Léon et de Castille; les fleurs de lis, celles de France. Autant qu’on peut juger sur des teintes fort effacées par le temps, les fleurs de lis et les châteaux sont sur fond rouge, les autres sur fond sinople ou verdâtre; et comme il y a dans le treillis deux rangs de ces dernières armoiries pour un seul des armes de France et de Castille, la teinte verte domine2.
Un orfroi de om 07, appliqué sur cette étoffe, présente une série de losanges avec ornements