‹ La messe (volume 5)Chapitre 41 sur 303 · Ann. arch., VI, i · texte numérisé non relu

Ann. arch., VI, i

3. J'en ai mesuré une n’ayant que im20 dans le bas et in,4i comme hauteur.

L’aube de saint Gérard, la première dont nous ayons pu donner la figure, nous montre la forme qu’elles garderont pendant de longs siècles; elle offre déjà les plis en éventail sur les côtés de la jupe, et les orfrois, qui devaient aux xne et xme siècles acquérir une si grande magnificence. Nous avons décrit les aubes d’Angers, de Sens, de Lisieux, nous avons montré les empereurs jaloux de revêtir l’aube liturgique pendant leur sacre; enfin les brodeurs, impuissants à satisfaire la pieuse prodigalité des donateurs, cèdent souvent la place dans l’ornementation des orfrois aux orfèvres euxmêmes.

L’aube, dans le costume moderne, a perdu beaucoup de son élégance et de sa richesse; on peut regretter non seulement les beaux orfrois qui décoraient jadis ses parties laissées découvertes, mais sa longueur, qui permettait de retrousser majestueusement les plis sous l’étreinte de la ceinture, et surtout l’ingénieux artifice qu’on avait d’en étoffer la jupe au moyen de pièces cousues en éventail sur les côtés.

Ce qui nous a frappé le plus dans l’étude de l’aube, c’est le touchant symbolisme dont son usage a été accompagné pendant tant de siècles, qui existait certainement avant Charlemagne, mais qui paraît, devant les questions pieuses de ce grand homme aux évêques, avoir reçu une expression précise qu’ont répétée les âges suivants. L’aube rappelle au prêtre qui la revêt, par le lin dont elle est faite, les travaux multiples qu’il doit endurer; par sa blancheur, l’éclat de la pureté dont il doit briller; par sa longueur, qui la fait descendre jusqu’aux talons, la persévérance à laquelle seule est attachée sa récompense; c’est la blanche robe des anges ou des justes de l’Apocalypse que saint Jean voyait autour de l’Agneau.

Lisieux. — Aube de saint Thomas de Cantorbérv.

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