ROCHETS — SURPLIS
Si l’aube, le surplis et le rochet ont la même origine, ils n’ont plus la même destination et doivent être séparés dans cette étude. Le rochet n’est autre chose que l’aube raccourcie, ainsi nommée de l’allemand rock, qui signifie chemise; on le trouve fréquemment désigné sous le nom de camisia , camisile 1 ; réduit d’abord de quelques doigts, il le fut ensuite jusqu’à mi-jambes et ensuite jusqu’aux genoux1 2. Dans l’ivoire de M. Spitzer, les chantres qui entourent le célébrant, et qui sont vêtus d’un court manteau avec capuchon, devaient avoir un vêtement équivalent au rochet.
Le surplis se plaçait sur la robe fourrée de peau que les ecclésiastiques portaient autrefois, principalement dans le Nord. L’étymologie en est évidente, vestis super pelles , d’où super pellicium , en français surplisse , dont on a fait surplis. Le surplis avait de très larges manches, afin de pouvoir en recouvrir l’épaisse robe fourrée. Lorsque les fourrures n’ont plus eu d’usage, ces larges manches furent rejetées en arrière, et, vers le commencement du xvuie siècle, on les plissa de la façon singulière qu’on a vue et dont on commence heureusement à se dégoûter.
Dans le Breviarium Alarici de 794, conservé à la Bibliothèque de Saint-Gall sous le n° /3i, on voit un personnage avec un bâton de la main droite, une tablette écrite à la gauche, et qui porte au-dessus de la tunique de dessous une sorte de rochet qui ne descend qu’à la ceinture et qui est bigarré de rouge, de jaune et de blanc3. (PL DXL.)