‹ La messe (volume 5)Chapitre 65 sur 303 · Raban Maur, De cler. inst., cap. xvm · texte numérisé non relu

Raban Maur, De cler. inst., cap. xvm

Saint Guillaume (f 1091), dans ses Constitutions d’Hirschau, l’appelle Fanonem vel mappulam (lib. I, c. xix.)

« et qu’ils exercent dignement l'office que Dieu « et les hommes leur ont confié. »

« Amalaire1 (820) l’appelle sudarium; il dit « qu’il est porté de la main gauche afin de mon- « trer combien nous sommes en cette vie affligés « par la jouissance charnelle ; on le porte aussi « pour rappeler lesuairede Jésus-Christ. L’ennui « dans l’âme est comme la sueur sur le corps, et il « résulte de diverses causes. Ainsi le sudarium « représente pour nous les pures affections et les « pieux labeurs. »

Dans l’homélie « De cura pastorali », attribuée à Léon IV (-j- 855), il est ordonné que le manipule (fanon) fasse invariablement partie du costume liturgique pendant les messes chantées. Nous trouvons la même recommandation répétée par Ratherius, évêque de Vérone, au siècle suivant. L’abbé Martigny rapporte qu’au ixe siècle, le manipule devient commun aux prêtres et aux diacres.

En 889, Riculfe, évêque de Soissons, ordonne que chaque église posséderait au moins « duo « cinctoria et totidem mappulas nitidas. »

Le ixe siècle nous offre des monuments figurés très intéressants pour l’usage du manipule; le plus important est celui de la Bible de Charles le Chauve, auquel les chanoines l’offrirent à Tours; dans une grande miniature on voit ces prélats, devant le trône impérial, revêtus de chasubles, de dalmatiques, qui portent à la main de petits manipules. Ces manipules sont blancs ou violets, terminés par des bandes d’argent, ou rouges, ou garnies de broderies, de franges rouges, etc. Ils sont indifféremment portés à la main gauche ou à la droite, ou au poignet. Cette peinture nous prouve que le manipule intervenait aussi, comme la chasuble, dans les solennités étrangères à la liturgie. (PI. CDLXVIII-DXXV.)

Nous avons figuré aussi avec quelques détails les curieux manipules d’un missel de Metz que l’on voit dans les mains gauches de deux évêques; ces manipules sont bruns, terminés par de petits carrés, et par des franges ; sur ces carrés, a 1 un

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