GLORIA PATRI
Gloria in excelsis Deo: et in terrâ pax hominibus bonæ voluntatis. Laudamus te. Benedicimus te. Adoramus te. Glorificamus te. Gratias agimus tibi propter raagnam gloriam tuam. Domine Deus, Rex coelestis, Pater omnipotens, Domine Fili unigenite, Jesu Christe : Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris. Qui tollis peccata mundi, miserere nobis. Qui toilis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram. Qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis. Quoniam tu soius sanctus ; tu solus Dominus; tu solus Altissimus, Jesu Christe, cum Sancto Spiritu, in gloriâ Dei Patris. Amen.
Le terme doxologie, composé des deux mots grecs Sôga et 16yoç, gloire et discours, exprime en général toute formule qui a pour but de bénir le Seigneur. En ce sens la liturgie est une doxologie dans tout son ensemble. Les Grecs appellent spécialement de ce nom l'hymne angélique Gloria in excelsis ; et c’est pour eux la grande doxologie. La petite doxologie est la glorification qui équivaut à celle que nous exprimons par Gloria Patri, à la fin des psaumes, dans les introïts et les répons. Nous donnons, en particulier, ce nom à la dernière strophe d’une lïymne, parce que, en effet, les trois Personnes divines y sont glorifiées.
La petite doxologie est à son tour d’une très-haute antiquité ; les Églises d’Occident l’ont constamment chantée à la fin des psaumes. Elle n’a pas été uniformément conçue dans les mômes termes qu’aujourd’hui, mais il y a de très-légères différences, elle est omise à la fin des psaumes, de l’introït, des répons durant le temps de la Passion, à l’office des morts en signe de tristesse, parce qu’elle est considérée comme un chant de jubilation.
La doxologie des hymnes n’est autre chose que le Gloria Patri poétiquement traduit, et doit, par conséquent, varier quant aux expressions selon le rythme adopté.
Cette hymne est nommée dans les constitutions apostoliques : « Prière du matin » suivant l’usage des Églises orientales. Parmi les Latins on la dit en beaucoup d’églises à l’office du matin, du moins le dimanche, depuis un temps immémorial. Telle que nous la lisons on la trouve tout entière dans le fameux manuscrit alexandrin de la bible grecque, conservée dans la Bibliothèque royale de Londres, que les savants regardent comme un des plus anciens manuscrits du monde.
Il est fait mention de ces hymnes dans la lettre de Pline à Trajan, dans Lucius et dans Eusèbe, et l’on s’en servit vers la fin du 11e siècle pour réfuter l’hérésie d’Artémon qui attaquait la divinité de Jésus- Christ.
Plusieurs auteurs attribuent à tort l’hymne Gloria à saint Hilaire de Poitiers, car il se trouve dans le Livre de la virginité attribué à saint Athanase, et pour la plus grande partie dans les constitutions apostoliques L
Le Pontifical attribué au pape Damase (366 f 384) ou plutôt le recueil des vies des Papes, dont on trouve d’anciens manuscrits, qui finissent au temps de Justinien (527 f 565) sont les premiers monuments où l’on voit que le Gloria in excelsis ait été dit à la messe ; on y lit que le saint pape Télesphore qui tenait le siège de Rome vers le milieu du n° siècle, ordonna qu’au commencement de la messe de Noël on chanterait l’hymne des anges Gloria. Dans un autre catalogue des Papes et dans la collection d’Anastase, il est dit que le pape Symmaque, vers l’an 500, ordonna de réciter le Gloria in excelsis, les dimanches et les fêtes des saints.
Une traduction latine de la version grecque de l’hymne, rapportée comme prière du soir, « se trouve dans un livre d’hymnes de l’ancienne église d’Irlande qui appartenait à l’archevêque Usher, et qui a été éditée par la Société archéologique et celtique. Dans le fameux antiphonaire de Bangor découvert à Milan par Muratori, on trouve à la fin « ad vesperum et ad matutinum» : Gloria in excelsis Deo et in terra, etc. Le livre pontifical, racontant l’entrevue du pape Léon 1 1 1 et de Charlemagne à Rome, dit qu’après leurs mu-