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KYRIE ELEISON

En montant à l’autel le prêtre dit cette oraison :

Aufer a nobis, quæsumus, Domine, iniquitates nostras : ut ad sancta sanctorum purismereamur mentibus introïre : per Christum Dominum nostrum. Amen.

En baisant l’autel :

Oramus te, Domine, per mérita sanctorum tuorum, quorum reliquiæ hic sunt, et omnium sanctorum : ut indulgere digneris omnia peccata mea. Amen.

(Aux grand’messes, le sous-diacre présente la croix au célébrant, qui la baise en disant :)

Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi; quia per crucemtuam redemisti mundum.

Aux messes solennelles, le célébrant bénit ici l’encens, en disant :

Ab illo benedicaris in cujus honore cremaberis. Amen.

Après l’ Introït, le prêtre et les assistants disent trois fois alternativement :

Kyrie, eleison.

Christe, eleison.

Kyrie, eleison.

Kyrie eleison sont deux mots grecs qui signifient : « Seigneur, ayez pitié de nous. » C’est une formule de prière qui dans sa brièveté renferme l’aveu implicite de toutes nos misères et la confiance que le Dieu que nous invoquons nous viendra en aide dans tous nos besoins et les périls qui menacent notre âme.

Cette prière « ayez pitié » qui est le commencement des supplications de la messe, est la plus ancienne, la plus commune parmi les nations; témoins les aveugles de Jéricho, la cananéenne, les dix lépreux. L’usage de la dire à la messe est de toute antiquité, cependant il n’en existe pas de traces connues avant saint Sylvestre qui l’y aurait introduite vers l’an 320, l’ayant empruntée aux Grecs qui l’emploient très-fréquemment à toutes les heures de l’office.

On dit le Kyrie eleison après YIntroït, parce que avant de faire toute autre prière, il est nécessaire que le prêtre implore la miséricorde du Seigneur. Dans les constitutions apostoliques qui contiennent les rites de la plupart des Églises grecques des quatre premiers siècles, on voit que cette prière se faisait premièrement pour les catéchumènes; on faisait aussi des prières pour les pénitents. Toute l’Église disait de même pour eux le Kyrie eleison, et l’on a retenu dans la suite cette prière pour tous les fidèles. Les Églises' latines gardaient des mots grecs et barbares, afin qu’on invoquât également la divine Miséricorde, dans les langues étrangères aussi bien que dans la latine.

Le cardinal Bona en attribue l’introduction dans l’Église romaine au pape Damase, qui en fit une loi pour tout l’Occident.

Elle était déjà en usage à Rome, en Italie et dans toutes les provinces d’Orient, lorsqu’en 529 le deuxième concile de Vaison ordonna qu’on la dirait à l’avenir en Gaule, non-seulèment à la messe, mais aussi à matines et à vêpres.

Le Canon est ainsi rédigé : « A l’exemple du Saint-

« Siège, des provinces d’Orient et d’Italie, où on « dit souvent Kyrie eleison avec une grande dé- « votion, nous trouvons à propos qu’on introduise « une si sainte coutume dans toutes nos églises, à « matines, à la messe et à vêpres; et à toutes les « messes, même du carême et des morts, ou aux « matines, on dira trois fois Sanctus, comme aux « messes publiques, parce qu’une parole si sainte, si « douce, si aimable, ne saurait ennuyer quand on « la dirait toujours i. » (Boyer, Histoire de la Cathédrale de Vaison.)

Les anciens ordres romains portent que le chœur chantera Kyrie eleison jusqu’à ce que le Pape fasse signe de cesser. Le nombre n’en était donc pas déterminé comme aujourd’hui ; d’ailleurs, on disait autant de fois Christe eleison que Kyrie.

On n’a pas toujours dit le Kyrie au milieu de l’autel, mais autrefois au côté de Tépître. L’ordre et le nombre de Kyrie n’ont pas aussi toujours été les mêmes. Dans le rit ambroisien on dit trois fois « Kyrie » après le « Gloria in excelsis ». Depuis le xic siècle, on dit neuf fois Kyrie ou Christe pour imiter le chant des anges qui composent neuf chœurs.

Dans les anciennes litanies c’était cette prière qu’on répétait souvent et jusqu’à trois cents fois. Un capitulaire de Charlemagne réglant la cérémonie des funérailles établit, qu’à défaut des psaumes, les hommes diront le Kyrie eleison, et les femmes le Christe eleison.

1. Et quia tam in sede âpostolica, quam etiam per totas orientales atque Italiæ provincias, dulcis et nimium salutaris consuetudo est intromissa, ut Kyrie eleison frequentius cum grandi affectu et compunctione dicatur ; placuit etiam nobis, ut in omnibus ecclesiis nostris ista tam sancta consuetudo et ad matutinum, et ad missas, et ad vesperam Deo propitiointromittatur. Et in omnibus missis, seu in matutinis, seu in quadragesimalibus, seu in illis quæ pro defunctorum commemoratione fiunt, semper Sanctus, Sanctus, Sanctus, eo ordine quo modo ad missas publicas dicitur, dici debeat : quia tam sancta, et tam dulcis et desiderabilis vox, etiamsi die noctuque possit dici, fastidium non poterit generare.

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