BASILIQUES
laissé sur le marbre le pied de l’Enfant Jésus : Vestigium calcanei sanclissimi pedis Domini Nostri Jesu Christi.
Il est incontestable que ce marbre a servi d’autel chrétien ; sa hauteur, le sépulcre des reliques, enfin la confession au-dessus de laquelle la gravure nous le montre placé ne peuvent laisser le moindre doute. Il est plus difficile de dire qu’elle est l’origine et l’authenticité de la légende qui s’y rattache. A considérer le monument en lui-même, il ressemble à un grand cippe tronqué sur lequel l’inscription antique est effacée, comme le prouve la petite table creusée dans le champ et fut remplacée par l’inscription du xve ou xvie siècle que nous avons rappelée. — Le style des enroulements, antérieur à Constantin, doit remonter aux Antonins, il ne peut-être attribué à sainte Hélène. J’hésite à rejeter les faits d’une légende romaine qui porte toujours en elle-même une grande preuve de vérité. — Au dire de N ibby, l’église San-Giacomo est trèsancienne, il est donc possible que sainte Hélène ait reçu en Palestine un fragment notable de l’autel de la purification, qu’elle l’ait apporté à Rome et inséré dans le cippe que nous possédons, lequel, peu à peu identifié avec le souvenir de toute la relique, aura fini par s’appeler « pierre de la purification ». Cette explication est d’autant plus probable que des reliques de cette pierre étaient restées en orient. Le savant comte Riant dans ses « Exuviæ sacræ Constantinopolitanæ » nous apprend que l’abbé Martin en avait rapporté un fragment à son abbaye de Pairis en 1205 « item de lapide super quem Christusin templum est presentatus 1 ».
Ce cippe transformé en autel chrétien est le premier que nous ayons occasion de citer, mais on verra dans la suite quelle multitude de marbres eurent le même sort.
On conserve dans la même église de San-Giacomo une autre pierre où la légende nous montre l’autel qui servit au sacrifice d’Abraham. On y a encastré un marbre avec cette inscription : Super isto lapide juxta vetustatem hisioricorum traditionem hue ah Helena impératrice translate) Abraham unigenitum suum Isaac divino jussu sacrificandum posuit. Elle a om 76 x im 51 et om 22 d’épaisseur. Des traces de scellement symétriquement disposées laissent supposer qu’elle a servi d’autel chrétien. On y aperçoit certains caractères que je n’ai pu déchiffrer.