‹ La messeChapitre 136 sur 346 · Lettrapart., 29 mai · texte numérisé non relu

Lettrapart., 29 mai

2. Société scient, les Pyrénées-Orientales, Ville vol., 1851, p. 175.

AUTELS

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de parement, et de nombreux fragments d’architecture; d’après ces traces le plan est encore visible.

La plus précieuse découverte parmi ces débris est celle d’un cippe ayant servi d’autel et dont les inscriptions nous apprennent que l’église était dédiée aux saints apôtres Pierre et Paul et qu’elle fut bâtie en 457. Ce marbre est aujourd’hui à Loja, dans la paroisse Santa-Maria-la-Mayor. Il est haut de om 88, large de om 37, porte une corniche et une base richement moulurée ; la corniche sur deux faces est surmontée d’un fronton avec couronne et rubans, sur les ailes de deux antéfixes qui profilent deux demi-cylindres. — Une des faces portait une inscription païenne que les chrétiens ont. effacée à coups de ciseau et remplacée par celle-ci qu’on lit de l’autre côté :

IN NOMINE DNI HISV XPI CON SECRATIO DOM NORVM PETRI ET PAVLI DIE XI1II KAL IVNIA SIN QVO RVM BASILICA

Ils y ajoutèrent cette seconde épigraphe du côté gauche :

REQVIESCVNT RE LIQVIAE SANCTO RVM IDEST DOM NE MARIAE DOM NI IVLIANI DOM NI ISTEFANI DOM NI LAVRENTII DOM NI MARTINI DOM NE EVLALIE DOM NORVM TRIVM.

M. Guerra traduit ainsi ces deux inscriptions : « Au nom de N. S. J.-C., on consacra le temple des « saints apôtres Pierre et Paul le dimanche 19 mai 45 7. « Dans cette basilique reposent les reliques des saints « savoir : sainte Marie, saint Julien, saint Étienne, « saint Ascicle, saint Laurent, saint Martin, sainte « Eulalie, saint Vincent et des trois saints (Faustus, « Janvier et Martial). »

Au niveau du haut des frontons et entre les deux cylindres se trouve une petite plate-forme où l’on voit creusé un trou de forme conique qui a om 20 d’ouverture en haut et om 20 de profondeur. C’est le foculus

païen dont les chrétiens se servirent pour déposer la cassette des reliques. Le trou étant fermé par une plaque ou une dalle, la petite plate-forme de om 30 suffisait parfaitement pour poser les vases sacrés.

Les caractères, la rédaction de l’épigraphe sont certainement antérieurs au dernier tiers du va siècle. Si on considère que les reliques de la Sainte-Vierge découvertes en 453, furent envoyées à sainte Pulchérie, petite-fille du grand Théodose, un espagnol, on trouvera fort probable que l’Espagne bénéficiât une des premières de ces trésors. Le 19 mai, tombe un dimanche dans les années 457, 463, 468, 474, 485, 491, 496 1 . M. de Rossi 2 voit lui-même dans le titre domni au lieu de sancti appliqué aux saints une preuve de haute antiquité.

Commè nous exprimions à M. Guerra quelque doute sur l’origine profane de ce monument dont les moulures sont assez différentes de celles que nous sommes habitué de voir à Rome, il nous a renouvelé une affirmation qui a pour nous un très-grand poids et nous a assuré qu’une inscription païenne avait été effacée pour faire place à celles qu’on vient de lire. — Nous ne saurions trop le remercier des savants renseignements qu’il nous a fournis sur ce monument ainsi que D. Manuel de Cueto, qui en a pris les estampages et fait le voyage de Grenade jusqu’à Loja à notre intention.

Ce n’est pas le seul autel de cette époque que nous trouvions en Espagne. — A Cangas de Onis nous savons que l’évêque Astemo consacra un autel au Sauveur en 437; ce fait est indiqué dans l’inscription que le roi Favila, fils et successeur de Pélage, y fit placer en 737, lorsqu’il releva les ruines de l’église :

Hic vate Astemo sacrata sunt altaria Christo Diei revoluti temporis annis ccc

« Ici, par l’évêque Astemo, furent consacrés des au- « tels au Christ, il y a trois cents ans 3.»

Sur les frontières du Portugal, dans l’église Saint- Jean de Bânos de Bande on trouva, à la démolition de l’église, une table d’autel de 484 :

Reces se taie pius in nomene XP. anno rum xn kl. novembris era D X X II 4.

1 . Fern. Guerra y Orbe, lArquelogia cristiana inscription y basilica del Siglo, V, p. 399.

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