M. LeBlant, Inscrip. chrêt., II, 303, pl. LXXIII, n
Bull. monum. 1868, p. 528. — 1875, p. 161.
Millin, Voyage , III, 198, pl. LIX.
2. Notice sur un autel chrétien antique découvert dans les environs de la ville d'Auriol. Paris, 1861.
Abbé Dassy, Mémoires sur les monuments chrétiens primitifs à Marseille. — Revue de l'art chrétien 1858.
Bull, monumental 1872, p. 536.
Texier, Archit. bysant., pl. LXIX, LXX.
AUTELS
pense qu’elle était adossée au mur, toutefois, un nom qu’on lit prouverait qu’il n’y est pas toujours resté.
Ce monument, déjà fort intéressant en lui-même, acquiert une nouvelle valeur des belles découvertes d’inscriptions qu’y fit M. l’abbé Bargés; vers le haut, à gauche, il déchiffra les noms suivants :
-f- KELEBERTO A MAGNAKIOCIL DEARVGTO KAMALDVS GOBRASMO POMIA STEFANUS
Les lettres sont d’un type inégal et irrégulier ; les capitales se trouvent mêlées aux minuscules et même aux cursives; quelques-unes sont liées aux précédentes et aux suivantes comme l’O et l’E dans Keleberto. L’E se présente partout sous une forme arrondie, le K bouclé dans sa partie supérieure est surtout remarquable. La seconde inscription, tracée en travers au-dessus de la première, porte ces autres noms :
4" REGE KARLO BYSARDA ARDRADVS LEODDA ELDRADVS ADALSINDA
On observe les mêmes irrégularités que précédemment. Les lettres sont creusées avec un poinçon trèsacéré, dont les traits sont à peine visibles, et elles ont subi de nouvelles altérations par suite de l’exposition du marbre aux intempéries de l’air. Sur le revers de la table on lit seulement Domenico, nom qui figure deux fois sur l’autel de Minerve avec la même orthographe. Ces inscriptions sont incontestablement des signatures de pèlerins comme à Minerve, Saint- Félix d’Amont, Bielle, Vouneuil, etc. (PI. XLVII.)
L’autel lui-même est fort antérieur à ces graphites. La première des inscriptions nous présente des lettres E D K G V qui ne paraissent pas avoir été usitées avant le vif siècle ; les dernières lettres de Keleberto, les deux mots De Arugto écrits sans séparation, le mélange des capitales avec les minuscules, des cursives avec les majuscules, indiquent que les signatures remontent au delà du vme siècle. Nous savons que les noms teutoniques, tels que ceux qui se lisent sur notre autel, ne commencent à devenir communs et à figurer dans les inscriptions qu’à cette époque ;
enfin les doubles appellations telles que Kiocil de Arugto ne paraissent nulle part avant le xe siècle. De ces observations on peut conclure que les signatures de la première légende se placent entre le vne et le xc siècle.
Dans la seconde inscription, il est probable que le Rege Karlo spécifie Charles fils de Lothaire, qui régna de 85 5 à 863 et porta le titre de roi de Provence; l’épigraphie semble confirmer cette supposition.
On peut déduire l’antériorité de l’autel lui-même et de ses sculptures de sa ressemblance avec l’autel de Saint-Victor que nous venons d’attribuer au ve siècle. Façonné par des artistes marseillais, il a dû être transporté à Auriol par les Cassianites, car 1 église de Saint-Pierre et le château d’ Auriol relevaient de l’abbaye Saint- Victor. M. l’abbé Bargés pense que l’autel fut enseveli dans le massif de l’église reconstruite vers le milieu du xi° siècle sous l’épiscopat de Pons II, évêque de Marseille, connu pour le zèle qu’il déploya dans la restauration des églises. Cette église était romane, elle fut donnée par cet évêque à des moines grecs en 1044 1. — On trouva dans la démolition une boite de plomb contenant des reliques de saint Pierre, longue de om 08, large de om 07, épaisse de om 05 .
M. l'abbé Bargés, près duquel nous avons toujours trouvé l’accueil le plus bienveillant, a eu la bonté d’ajouter quelques détails à ceux déjà contenus dans sa savante brochure. Nous avons dit que cet autel était enfermé dans un autre autel. Ce dernier était en marbre et avait sa tranche ornée, comme le prouve un dessin que M. l’abbé Bargés m’a communiqué. (PI. LI.) Au centre on voyait une croix ancrée entre l’A et l’a, circonscrite dans un médaillon; la panse supérieure se recourbe en imitation du P. De chaque côté, des feuillages forment l’ornementation delà frise. — Il est difficile de supposer ce marbre contemporain de la reconstruction de l’église au xie siècle; voire même des dernières signatures de l’autel qu’il renfermait, c’est-à-dire du xc siècle; cependant une inscription de Barcelone de nous montre la croix entre les deux sigles a, usage qui se perpétua longtemps dans l’épigraphie chrétienne, comme le prouve le fragment d’autel de l’abbaye de Bonnecombes (Aveyron) conservé au musée de Rodez 3.
:. Ego Pontius.... facio donationem de altare sancti Pétri ecclesiæ...