DOM
Sub inferiori fornice quas conspicit aras Di vus Io. Evang. orantibus conventibusque Galla Placidia Aug. Beatoque Barbatiano consecra.
Has vetustate ac situ pene corruptas D. Theseus Aldobrandus Bononiensis abbas V.
In liane pulcherrimam formant reduxit anno D. MDLXIX.
Quelques années avant ce travail, l’abbé Jean Eredi avait découvert les corps des saints Cantius, Cantianus et Cantianilla *, que Grégoire le Grand rapporta d’Aquilée à Ravenne et avait placés, en 1554, sous le maître-autel de Saint-Jean. Ce fait nous prouve que notre autel n’était déjà plus le principal de la basilique. L’état de ruine où il se trouvait alors et l’exiguité de sa porte, dont les vantaux se développaient à l’intérieur, semblent exclure la possibilité d’un dépôt si considérable.
Nous croyons qu’un remaniement important eut lieu dans l’église au moment du déplacement de notre autel, remaniement dont les anciennes mosaïques durent être victimes; en effet, la date de 1569 se place entre Leandro Alberti (1 550) qui les voit encore sur leurs murailles, et celle de Rossi (1607) qui n’en parle plus.
20 Le xivc siècle nous montre la tradition de Galla Placidia vivante autour de cet autel, et, comme témoignage, le charmant bas-relief du portail que j’attribue à l’archevêque Rinaldo (1321). L’autel nous y apparaît sous un élégant ciborium (pl. CXV). Saint Jean, en costume épiscopal, encense l’autel pendant
i. Fabri. Sag. mem., p. 209.
que Placidia saisit la sandale qu’il lui abandonne.
3° Muratori 1 découvrit dans la bibliothèque de Classe un manuscrit dont il existe aussi une copie à Modène et qu’il publia sous le titre de son Spicilége ; on y trouve plusieurs traités, entre autres l’histoire de l’archevêque Rinaldo, mort en 1321. Cette dernière circonstance a fait supposer que tous ces fragments étaient du xivc siècle; mais cette compilation, qui a pu être formée à cette époque, renferme incontestablement des éléments beaucoup plus anciens. Les moines Camaldules furent transférés à Classe en 1 1 37 et commencèrent alors « pro aris et focis » à combattre l’opinion qui se répandait et qui supposait l’enlèvement des reliques de saint Apollinaire de leur monastère 2 . Muratori conclut de l’absence de protestation, à ce sujet, qu’il est antérieur à cette date ; je crois, si nous négligeons les altérations qu’a pu subir le texte original, devoir ajouter que nous avons ici entre les mains un document carloyingien. Certaines expressions rappellent Anastase, et l’auteur y décrit, avec la précision d’un témoin oculaire, des objets que leur prix aurait trop désignés aux pillages des époques barbares. En tous cas, ce manuscrit nous reporte devant l’état de lieux antique et là encore la légende de Placidia y brille avec un éclat qui défie l’obscurité des siècles. D’après l’auteur anonyme, on voyait de toute part la représentation de la fameuse tempête, origine du vœu et de la construction de l’église, et de plus, notre autel clairement décrit de la façon suivante : Allare quoque mirificum cum osliolis argenleis gemmis ornatum, clara lapiduin diversorum modorum et in limine scriptum reperies : Sancte Johannes arca Christi accepta