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AUTELS
tandis qu’elle se multiplie au vie siècle et plus tard. Dans la collection des inscriptions datées du Musée de Latran nous en trouvons une avec une croix de 519 découverte dans le dallage de Saint-Clément; une autre, de 557, à Sainte- Agnès ; celle-ci a de plus une feuille à la fin comme second trait de ressemblance avec la nôtre. A Ravenne même, l’ambon de Saints-J ean-et-Paul, daté des dernières années du vie siècle, nous offre de remarquables similitudes avec celle que nous étudions; la croix au commencement, le mot « Johan », écrit de même et laissé incomplet, rapprochent les deux inscriptions ; M. Le Blant, dont nous sommes toujours heureux d’invoquer le témoignage, a été frappé de l’analogie. N’oublions pas aussi une remarque très-juste de M. l’abbé Guardigli : la désignation serviteur ne peut convenir à la fondatrice Galla Placidia.
Le style des ornements confirme les données épigraphiques ; il est déjà trop byzantin pour le vc siècle
qui nous offre sur ses monuments un caractère étranger à notre autel, des moulures plus en relief, des cymaises saillantes, des quarts de rond qui n’ont pas encore la forme d’un tore à fleur de ses deux filets ; il a plus de richesse, il n’économise pas encore les évidements du marbre par un profilage camard et sans effet.
50 Ces observations, en nous faisant descendre au vie siècle, nous éloignent de Galla Placidia et semblent interrompre le fil de la tradition qui nous a conduit à travers les siècles. Faut-il voir, si près du but, s’évanouir la gracieuse légende qui auréole ce monument? Nous ne le pensons pas, et un examen attentif nous ouvrira une nouvelle perspective qui permettra à nos regards d’atteindre l'origine.
En mesurant la pierre sur laquelle est dressé l’autel actuel nous avons distingué cinq entailles carrées de 14 à 1 5 centimètres et peu profondes. Ces entailles ont été pour nous un trait de lumière et le souvenir évident des points d’appui d’un autel pédiculé; leurexis-
Restauration de l’autel primitif.
tenceet celle des pilastres actuels n’ont pas dû être simultanées, les colonnes des angles auraient été inutiles et celles du centre, devant la petite porte, aurait entravé l’introduction des reliques dans le coffre de marbre. On peut donc voir dans ces traces la révélation d’un autel antérieur primitif, qui nous reporte
à Galla Placidia, et nous rappelle ceux de la mosaïque du baptistère. Si nous avons classé ce monument au vi° siècle, malgré les vestiges du ve, c’est que le coffre lui-même constitue véritablement l’autel actuel. Nous avons inséré la dissertation sur cet article dans Y Encyclopédie d’architecture , en 1878.
VIe SIÈCLE. — RIMINI. — RELIQUES D’AUTELS.
Tous les autels du vie siècle n’étaient pas aussi luxueux que le précédent et le loculus consacré aux reliques aussi vaste. Le musée de Rimini nous offre des monuments d’un genre différent, mais qui ne méritent pas moins notre attention.
En 1860 on trouva, dans cette ville, dans les fouilles pratiquées à cinquante mètres de la porte S. Andrea, une antique église chrétienne. Elle affectait la forme d’une croix grecque assez semblable à celle de l’oratoire Sainte-Croix au Latran, elle avait 10 m. de large sur 14 m. de longueur compris le vestibule. — On découvrit trois pavements superposés 1 . — Le sol au fond était plus élevé de trois marches. On déterra aussi une inscription funéraire en belles lettres romanes, une autre carlovingienne, etc. Cet oratoire, digne de prendre place parmi les plus anciens monuments chrétiens, n’existe malheureusement plus. Les fouilles furent envahies par l’eau et, comme elles étaient sur l’emplacement du marché aux bœufs, au lieu de suivre l’avis de M. Tonini et de les transformer en abreuvoir, on les remblaya. Je n’ai plus trouvé sur les lieux, en 1879, que quelques briques et des décombres informes.
Tout n’a pas péri d’une si importante découverte ; des fragments ont été transportés au musée et notamment deux autels que nous nous proposons d’étudier ici. L’un de ces monuments, catalogué sous le n° 42, est un pilier en marbre du pays qui rappelle les autels de Béziers. La petite niche des reliques semble désigner suffisamment sa destination.
Le second autel, catalogué sous le n° 18, a été trouvé dans un angle de l’oratoire ; une colonne cylindrique 2 montre, sur sa surface supérieure, le sépulcre qui contenait, sous une tablette de marbre, la boîte des reliques. La tablette est rompue en deux
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