Abbé Tisserand, Hist. de Vence, p
2. Je dois dire que si je n’avais cette donnée chronologique je reporterais, d’après son style, ce monument au vie siècle.
Le midi de la France abonde en monuments de ce genre ; Peiresc, dans son Recueil d'inscriptions, parle d’un cippe conservé dans l’église de Garjane près de Pelissane, qu’il releva en mai 1625.
M. de Cessac, dans une brochure intitulée : Le Grand-Bourg de Salagnac (Creuse), dit qu’il y avait dans l’église détruite de Saint-Léobon un cippe romain provenant du soubassement de son autel.
A Saint-Pantaléon, près de Gordes (Vaucluse) on conservait deux cippes dont l’un est demeuré en place. Le second, qui servait de maître-autel, était recouvert d’une tablette de dimensions étroites, creuse, en granit rouge et plus tard employée au piédestal d'une croix de carrefour 2. M. l’abbé Tamisier, curé de Saint-Pantaléon, a bien voulu m’envoyer les dimensions du cippe de son église et de la table qui le recouvre; nous en donnons ci-joint un croquis. Il m’a communiqué aussi une inscription qui rappelle sa dédicace par Algerius, le même qui avait bâti l’église ; malheureusement la date est illisible.
L’autel de la Madeleine de Bédouin, au rapport de M. l’abbé Pougnet, était aussi un cippe sans doute contemporain de celui de Saint-Pantaléon 1 .
Les constructeurs d’autels au vnc siècle n’imitèrent pas moins souvent que ceux du vie les cippes antiques lorsque ces marbres leur faisaient défaut. En voici plusieurs exemples.
Dans la pittoresque vallée de Joncels, département de l’Hérault, près des ruines de l’abbaye, on trouve un autel chrétien de ce genre qui sert de piédestal à une croix moderne ; il est orné sur ses quatre faces de tables rentrantes et encadrées de moulures à raies de cœur; sur la face principale deux niches carrées de om 15 de côté, de o'n 14 de profondeur contenaient les reliques ; l’inscription qui les accompagne ne peut laisser de doute sur leur usage comme sur celui du cippe lui-même pour le saint sacrifice.
HIC SVNT RELIQVIAE SANCTORVM.
On remarquera que ces niches sont pourvues de feuillures qui rappellent leur ancienne fermeture. Nous devons communication de ce monument à M . Noguier, si habile dans l’art de découvrir les antiquités chrétiennes. (PI. XXXV.)
Nous avons rapproché de l’autel de Joncels et gravé sur la même planche un autre autel que nous devons aussi à ses savantes investigations. Il existait dans le parc du château de Celeyran,près de Coursan 2 (Aude), une pierre cubique portant une croix et une inscription. L’inscription était connue, elle avait été publiée par Tournai dans son catalogue du musée de Narbonne sous le no 241 d'après les indications de M. Puiggari. Le baron de Rivière l’avait donnée dans les congrès archéologiques de France (xxxiv0 session); mais, avant M. Noguier, personne n’avait pensé à la destination d’autel à laquelle il fut affecté dès l’origine et que les niches à reliques rendent incontestable. Ces niches se composent de neuf trous de om 08 de profondeur; celle du milieu, circulaire, a om 26 de diamètre, les autrescarrées omo6de hauteur, c’est une sorte de réminiscence des columbaria anti-
. Bull, monum., 186S, p. 527.
. En langue romane Cesairac, de Cesaria.
VIIe SIÈCLE. — IMITATION DE CIPPES ANTIQUES.
ques ; l’autel devait être adossé à un mur, et elles étaient garnies de cassettes. La plate-forme est pourvue d’un dixième loculus entouré d’une feuillure trèslarge pour l’emboîtement du couvercle. — Sur la face principale s’étend une grande croix entre les bras de laquelle on lit l’inscription :