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4. Les trois croix sont le symbole de la Trinité et peutêtre encore une protestation contre l’arianisme.
sent aux angles, et dans le milieu. Celle du milieu pose sur le cercle et celle de droite est maintenant cachée par la maçonnerie. Quoique cette pierre fasse partie du mur, son côté qui reste découvert a pu être mesuré, il a om 38 d’épaisseur. M. l’abbé Bargés a eu la bonté de demander pour nous le dessin de ce monument au frère Firmat, directeur de l’école communale, qui l’a exécuté avec la plus grande précision. Nous ferons remarquer la singulière ressemblance de l'ornementation de cet autel avec certaines, dalles wisigothes du musée de Madrid. (Pl. XXXVIII.)
Nous devons rapprocher de l’autel de Cassis celui de Favarie que nous a signalé M. de Laurière et dont nous devons communication de la photographie à la libéralité de M. Eysseric. — Favarie est une maison de campagne appartenant à M. Chaubet, et se trouve située dans la commune de Rousset et l’arrondissement d’Aix. Cette ville d’origine romaine, dans la vallée de l’Arc, n’est pas éloignée de Pourrières où Marius livra, dit-on, une grande bataille au pied de la montagne Sainte-Victoire. L’abbaye de Saint- Victor en devint propriétaire au moyen-âge, comme l’attestent plusieurs pièces de son cartulaire. Ne nous étonnons donc pas de voir conserver en cet endroit une pierre antique chrétienne. Pendant longtemps personne ne la jugea digne d’attention ; elle resterait peutêtre encore méconnue si M. Eysseric n’avait deviné son prix et ne l’avait photographiée. Comme beaucoup d’autres dont on ignorait l’origine, elle dut servir d'autel, les dimensions, les sculptures dont elle est ornée et surtout leloculus pour les reliques creusé sur la plate-forme sont des preuves certaines. — Sur la face principale, qui est la plus large, on voit un beau chrisme inscrit dans un cercle que dessine extérieurement, comme à Ispagnac, un trait creux interrompu de distance en distance. Autant que l’état fruste de la pierre laisse juger, les deux arcades creusées au-dessus du monogramme encadrent deux croix pattées. C’est encore la Trinité honorée par cette triple figure.
Sur la face latérale un calice feuillagé par en bas et ansé laisse surgir une double tige de pampre qui s entrecroise et qui porte des feuilles et des raisins. Le pied du vase manque, ce qui prouve que le monument est mutilé dans sa partie inférieure et que sa hauteur était plus grande qu’aujourd’hui.
Nous n’avons d’autre donnée chronologique que le
VIIe SIÈCLE. — IMITATION DE CIPPES. — BAGNOLS.
style qui semble nous reporter à la seconde période mérovingienne. (PI. XXXVIII.)
Parmi les imitateurs de cippes antiques quelquesuns reproduisaient les colonnes dont ils étaient si souvent garnis aux angles. Voici deux autels du vue siècle qui nous rappellent cet usage.
A une petite distance de Digne s’élève l’ancienne cathédrale, Notre-Dame-du-Bourg, isolée dans les ruines de la cité romaine et qui n’est plus que l’église du cimetière ; elle remonte, selon la tradition, pour sa fondation première, au ive siècle, à saint Domnin, et de plus elle aurait fait partie des huit ou dix églises construites ou relevées par Charlemagne dans les Alpes-Maritimes '. Vers 1862 on trouva, sous le maître-autel, l’autel antique qu’on y avait laissé caché pendant trois siècles et on l’en retira. (PI. XLI.)
Il se compose d’un bloc de marbre d’un mètre de haut, de om 88 de large sur om 60 de profondeur. Il est flanqué aux angles de colonnes avec bases et chapiteaux ornés de feuilles d’acanthe, mais dépouillés aujourd’hui de leur tailloir; une des quatre colonnes a été brisée. Sur le revers, un panneau dans un cadre à moulures semble attendre une inscription qu’on est surpris de ne pas y lire 1 2. Il n’y a sur la face qu’une croix terminée dans le haut en forme de P. Le dessus de l’autel offre une boîte à reliques dont la feuillure rappelle la dalle qui la fermait. La table sacrée qui nous manque formait une sorte d’entablement au petit ordre d’architecture 3.
On a voulu faire remonter ce marbre au commencement du ve siècle, mais la forme aiguë des feuilles de chapiteaux, le style de la moulure postérieure, enfin la ressemblance de ce monument avec l’autel de Bagnols que nous allons examiner, ne nous permettent pas de le classer au delà duvii0 siècle.
L’autel de Bagnols, dont nous voulons parler, est aujourd’hui déposé au musée de cette ville. Il provient de la chapelle Saint- Victor de Castel et servit ensuite