‹ La messeChapitre 198 sur 346 · Nous devons ici témoigner toute notre reconnaissance · texte numérisé non relu

Nous devons ici témoigner toute notre reconnaissance

à M. Marcellin pour les documents et estampages qu’il nous a fournis avec une si parfaite obligeance.

de piédestal à une croix de bois, au bord de la route de Bagnols à Saint-Gervais. Ce petit monument d’un mètre environ de hauteur est un monolithe carré, flanqué à chaque angle d’une colonne ronde avec chapiteaux à feuilles d’eau. Sur trois faces une criox est inscrite dans un médaillon circulaire décoré de bâtons rompus. La face principale, la plus ornée, offre, entre les colonnes d’angles, une arcade soutenue par deux petits pilastres cannelés, au milieu une croix qui se recourbe à droite, suivant la panse du P grec et qui porte une colombe prête à s’envoler. L’archivolte, l’imposte et le montant de la croix sont garnis de bâtons rompus. Le dessus de l’autel conserve au milieu le loculus des reliques, une cavité de om 20 Xon2i ayant à peu près une profondeur égale à la largeur et munie d’une feuillure dans laquelle s’emboîtait le couvercle ; à gauche un trou de trois ou quatre centimètres servait peut-être à retenir l’agrafe pour le scellement de la table sacrée qui a disparu L (Pl.XLII.)

Nous n’insistons pas sur la description que notre gravure complétera; nous devons prêter plus d’attention à l’âge de ce monument et justifier le classement que nous lui donnons ici dans notre recueil.

La croix est la principale caractéristique et nous engage à faire quelques observations pour en rechercher l’origine. L’antiquité chrétienne abonde en croix de ce genre. Suivant M. Le Blant2 on trouve le P crucifère en 400, 431,450, 525, 540 en Gaule, en 542, 565 à Rome, la colombe aux v°,vi° et viic siècles. Dans le Recueil des inscriptions de Vienne, M.Allmer nous présente de nombreux exemples de ce sigle avec la panse du P recourbée à droite 3, et par des raisons épigraphiques fort concluantes, les rattache à la seconde moitié du ve ou au commencement du vi° siècle. Il publie aussi une croix tout-à-fait semblable à celle de Bagnols 4 ; il n’en indique pas l’âge mais les deux lettres A et ri suspendues à des chaînettes sont un signe d’antiquité.

On a dit que la déformation du P était une erreur des artistes gaulois de la décadence qui, oubliant la

1. Nous devons le dessin et les estampages de ce monument au savant M. Léon Alègre qui l’a déjà illustré dans le Bull, monmn. 1871, 396.

Voy. aussi Revoil, Architecurc du Midi de la France, III p. 19!

Page 1