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PI. XLV bis, n° 325, IV

AUTELS

signification du sigle, en firent un R latin; cette thèse est-elle certaine? non-seulement les provençaux étaient fort versés dans la langue grecque, l’inscription de l’autel de Saint-Victor en fait foi, nonseulement ils la conservèrent fort longtemps, mais on peut dire que ce sigle R se trouve partout et même en orient; M. de Vogué, dans la Syrie centrale, en offre des spécimens multipliés des v° et vie siècles 1.

Les colombes sont figurées déjà dans les sarcophages sur les bras de la croix 2 ainsi que sur les lampes antiques; le P. Garrucci en publie une de ce genre trouvée en Afrique 3 . L’analogie de l’autel que nous étudions avec ces monuments lui prêterait une gr: nde antiquité ; les croix latérales, si semblables à celles du pupitre de Sainte-Radegonde conservé à Poitiers, la confirmeraient 4 *.

Ces observations nous porteraient à attribuer l’autel de Bagnols au vie siècle, si des monuments postérieurs à ceux qu’on vient de citer n’offraient d’autres analogies avec des temps moins éloignés. Signalons parmi ceux-ci le zodiaque de Saint-Maurice de Vienne; au milieu des signes, entre le scorpion et la balance, on remarque une croix identique à celle de Bagnols, au-dessus de I’a et l’n et accompagnée d’une frise de bâtons rompus rappelant ceux de notre croix. L’église, reconstruite à diverses 'époques, fut fondée par saint Edoaldus, évêque de Vienne, en 718 6, de sorte que ce zodiaque date sans doute du commencement du vin0 siècle. Les caractères du listel se rapportent à la reconstruction de 1052, époque où la mode des zodiaques était très-répandue.

Les bâtons rompus, dont l’art roman fit de si fréquents usages, furent longtemps avant connus des sculpteurs. Nous venons de signaler ceux du zodiaque de Vienne,

1 . Voici ceux qui se rapprochent le plus exactement de la croix de Bagnoli : Quennaôat, ive ou ve siècles (pl. XX). Serdjilla, ve siècle (pl. XXXI). — Mondjeleia, v° siècle (pl! XXXII). — Betoursa, v°, vie siècles (pl. XLIII). — El- Barah, ive-v= siècle (pl. LXII). — Maison de 470 Cpl. LXXXXIX). — Qalb-Louzeh (pl. CXXVII, CXXIX, CLI).

Je dois dire cependant que M. de Rossi, dans sa dissertation sur ce monogramme, attribue cette déformation à une influence latine. A cette époque la cour elle-même était bilingue. {Bull, d'archêol., 1880, p. 167.)

2. Voyez entre autres un sarcophage de Soissons. (E. Fleury, Antiq. du départ, de V Aisne , Ile vol.)

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