Inscript., p. 181, n° 91, pl. XIV
Revue de l’art cbrét., xxvi, 394.
Bull, monuiti., 1871, 403.
Lenoir, Archit. mon., II, 147.
Mabillox, Ann. bênêd., 11, p. 496 et in append. p. 641.
Cardinal Maï, p. 96.
Histoire ecclésiastique de la province de Normandie, par un docteur en Sorbonne, t. I, p. 636.
P. deLongueval, Hist. gallicane, t. IV, p. 80.
Trigan, Hist. eccl. de Normandie.
Mémoires des anliq. de Normandie, IIe série, VII, p. 213, an. 1847.
Dict. d’èpig., I, 314.
quæ (sic) altare construxsit fideliter atqute digne dedicavit minse
augusto medio et hic festus celebratus diessitp. annsingolus
« Après avoir suivi la direction horizontale, chacune des premières lignes descend verticalement à son extrémité; de même, les secondes lignes ne sont que la continuation d’autres lignes verticales, montant de la gauche vers le sommet de la pierre ; près des angles, du même côté et parallèlement à ces dernières, sont encore gravés d’autres caractères descendant vers la base, qui ne se relient en rien aux parties de l’inscription présentant un sens suivi. Aucune des lignes verticales ne contient un sens complet.
« Comme l’a observé M. L. Delisle, ce fait démontre que les inscriptions latérales se continuaient sur quatre piliers qui portaient l’autel. Ces piliers n ont pu être retrouvés; nous avons donc perdu avec eux neuf lignes descendantes et trois lignes ascendantes, c’est-à-dire une partie notable de notre texte.
« Je crois satisfaire aux exigences du sens et de la disposition matérielle pour la lecture de l’inscription latérale, en adoptant l’ordre que je vais indiquer. Suivant d’abord sur la première face la ligne initiale dans sa double direction, je prends la ligne descendante de gauche ; et marquant par des points les parties perdues, j’arrive à la seconde ligne abens curam, et je passe à la seconde face ; ici la phrase dont la syllabe gant est un fragment me paraît, après être descendue jusqu’au bas du pilier, avoir pris la direction horizontale, pour remonter ensuite jusqu’aux lettres V R que continuent les mots pascua perpétua. Cette dernière ligne ne se prolonge pas vers le bas, et le sens indique qu’elle se relie directement à la tête de la troisième face. Je continue en suivant le même système et je dispose ainsi les fragments de notre inscription.
ire face.
f anno min iam régnante Theodorico rege in Francia hoc
cinubium chingxit mur(is).... (feli)citer .
. Abens curam pasturalem in amore Dni suarum ovium
2e face.
Patravit caulas quant pulcherrime nec a morsebu(s) lu(po)rum.
e(t) voracitate . gant . ...
. . , ur pascua perpétua choro nexas virgenale cum Ma
AUTELS
3e face.
ria almissema ipsa vivant et exultent in eterna secola
Dom(inus . n. . .
item locum rex concessit ad istum cènubium ipsi etenem Primus cipit struere hic monisterium demum pontifex erec
tus . . sem(per) . . .
Pluremus adque citeras Pard(inas) (s)eptinari nomero f + sic ba .
« Voici maintenant la traduction : « -j- Le seigneur « Fromond, pontife, rector de la ville de Coutances, « a, en l’honneur de la bienfaisante Marie, mère de « Notre-Seigneur, élevé ce temple et cet autel, et « les a pieusement et dignement dédiés au milieu du « mois d’août ; que cet anniversaire soit célébré tous « les ans par une fête. »
« -f- L’année sixième ? (676) du règne de Thierry, « roi de France, il entoura ce monastère de murs.... « heureusement.... accomplissant ses fonctions de « pasteur en l’amour de Notre-Seigneur, il établit la « bergerie de ses ouailles avec la plus grande solli- « citude. Ni les morsures des loups, ni la voracité.... « éternels pâturages.... unies aux chœurs des vierges « avec la bienfaisante Marie, puissent vivre et jouir « avec elle du bonheur céleste dans l’éternité des
« siècles. Le seigneur De plus le roi a concédé le
« terrain du monastère; en effet.... (Fromond) a « commencé le premier à élever le monastère ; enfin • « nommé pontife.... toujours.... plusieurs.... et d’au- « très prairies (?) au nombre de sept -J- ainsi . »
« Ces inscriptions n’étaient pas les seules. Les
caractères X P Et . nous ont conservé le début
d’une invocation à Notre-Seigneur gravée sur la table de l’autel en môme temps que le texte principal ; les signatures des pèlerins ont fait disparaître cette légende. On reconnaît qu’un grattage, plus profond à mesure qu’il arrive vers le centre, en a enlevé la surface et ruiné l’ornement en forme de croix qui occupait le milieu. Si maintenant on étudie les parties de cette table qui, en quelque sorte protégées par la moulure saillante du cadre, ont été moins vivement atteintes, on y trouvera, particulièrement vers les angles, des traces visibles d’anciens caractères ; au bas
Episqoppus pr . écrit en minuscules au-dessous
de XPE, et plus haut les lettres Egudu Les débris de ces signatures sont vraisemblablement antérieurs à l’invasion normande. »
Nous avons essayé, sur notre pl. XLV, la restauration des pieds-droits ; leur hauteur est donnée par
celle ordinaire des autels, leur largeur déterminée par les deux lignes descendantes qu’on observe sur une des faces de la table et qui nous défendent la supposition des chapiteaux. L’absence de moulure dans toute la table nous a détourné de figurer aucune base aux piliers. Nous sommes ici dans le nord, en plein règne mérovingien et, par conséquent, fort loin des derniers rayons que l’art romain à son déclin versait encore en Provence.
Il nous reste de l’époque que nous parcourons plusieurs autels qui conservent leurs colonnes de support. Parmi ceux-ci l’autel de Saint-Féliù d’Amont est un des plus remarquables. M. Jean de Balanda, à l’obligeance de qui nous devons de si précieux renseignements sur ce monument, nous transmet l’étude que M. Louis de Bonnefoy en a faite.
« L’église de Saint-Féliù 1 d'Amont est dédiée à N otre-Dame de la Salvetat appelée aussi N otre-Damedes-lettres (Nostra Senyora de las lletras) à cause de quelques noms propres gravés sur la table du maîtreautel, entremêlés de monogrammes, croix et autres signes. On pressent une légende ; je la copie dans l’ Histoire des sanctuaires de Notre-Dame en Catalogne de Fra Narciso Camos : « Le Ciel opère une « grande merveille sur la table de l’autel de cette « vierge sainte. On y voit apparaître, pendant la nuit « de l’annonciation, des lettres gravées comme avec « la pointe d’une aiguille à peine visibles d’abord, se « formant peu à peu, et s’approfondissant jusqu à « ce qu’elles soient parvenues à leur entier dévelop- « pement ; difficiles à lire néanmoins, car il y en a « d’hébraïques, de grecques et de latines, les unes « petites, les autres plus ou moins grandes. Dans le « nombre on distingue quelques noms comme Salamo, « Berto et Albekik et ça et là des croix entremêlées. « Entre autres singularités qui accompagnent ce pro- « dige on a observé que les lettres apparaissent au « nombre de trois, de cinq ou de sept, suivant les « années et que ce dernier nombre est toujours le « signe d’une récolte abondante. Ces lettres sont « répandues sur toute la surface de l’autel, et dans « certaines parties on reconnaît qu’elle ont été effa- « cées ; rien de plus naturel d’ailleurs, car s’il en était « autrement, la table serait pleine depuis longtemps,
« tandis qu’au contraire il reste toujours une place « vide. La nuit de l’Annonciation, un grand concours