Saint Feliù est saint Félix en français
VIIe SIÈCLE. - SAINT-FÉLIU D’AMONT.
« de peuple se presse et veille dans l'église louant « Dieu et sa sainte Mère l. »
« Telle est la légende qui avait cours, il y a plus de deux siècles. Camos n’invente pas ; pieux visiteur, il observe, il interroge, il prend des notes pour son « Jardin de Marie » et ce qui peut être aujourd’hui contrôlé dans cet ouvrage est d’une si scrupuleuse exactitude qu’on s’en rapporte pleinement à la bonne foi de ses récits. Quant aux noms propres gravés sur l’autel, on lit encore bien clairement: Julia, Salamon, Albaricus. Du Berto, cité par Camos, on distingue les trois dernières lettres ; à part quelques syllabes isolées, tout le reste est confus et la lecture pourrait en être facilement contestée. Le chroniqueur ne se doutait pas que ces caractères mystérieux avaient été tracés de main d'homme par des pèlerins qui l’avaient précédé de plusieurs siècles au sanctuaire vénéré de Notre-Dame de la Salvetat. Suivant un usage qui remonte bien haut dans l’antiquité, ils avaient laissé le témoignage de leur pieuse visite, mais la tradition de cet usage s’était perdue. «On sait, dit M. Ed. Le Blant, qu’en visitant un lieu, un monument célèbre ou vénéré, les païens y laissaient souvent la trace écrite de leur passage. Ces actes d’adoration ou de visite, ces proscynèmes, comme ils se nomment euxmêmes, se retrouvent particulièrement en Égypte, sur les pyramides, sur le colosse de Memnon et dans les syringes de Thèbes. Aux premiers siècles de l’Église, les pèlerins chrétiens, continuant l’usage antique, ont gravé sur des monuments sacrés leurs noms et parfois aussi quelques lignes empreintes d’un pieux respect *. »
J’ai montré au savant épigraphiste dont nous venons de transcrire quelques lignes l'estampage des deux principales inscriptions auxquelles il n’hésite pas à attribuer une grande antiquité ; l’usure en a fait disparaître un grand nombre, la table est de om 80 en certains endroits et n’a pas moitié dans d’autres. Le dessous parait n’avoir jamais été poli, et le dessus usé par le frottement semble indiquer que cette pierre fut comprise dans un dallage. Elle est soutenue en arrière par un massif de maçonnerie ; au milieu, par un bloc rectangulaire, et en avant par deux grosses colonnes, sans bases ni chapiteaux qui présentent une