‹ La messeChapitre 243 sur 346 · Bull, d' arcli. clirét., 1880, p · texte numérisé non relu

Bull, d' arcli. clirét., 1880, p

Le dessin de ce marbre nous a été communiqué par M. le marquis Eroli.

IXe SIÈCLE. — INSCRIPTIONS.

laquelle se célébrait le saint sacrifice et qui permettait de lire son inscription à ceux qui tournaient autour. Le mot -|-iohs paraît être la signature d’un pèlerin comme aux fameuses tables d’Auriol, de Saint-Féliù, etc.

Il existe à Saint-Guillem-du-Désert un autel analogue.

Un autre marbre du musée d’Orvieto, gravé sur la même planche, doit avoir fait partie d’un devant d’autel de la même époque. Ce fragment laisse encore voir une croix accompagnée de quatre colombes tenant des livres dans leur bec, symboles des quatre évangélistes.

Les monuments semblent indiquer que la consécration des autels prit au ix° siècle une dignité particu= lière. Nicolas Ier nous montre par ces paroles comment l’onction transforme une pierre commune en un objet de vénération : « Altare sanctum in quo Deo « omnipotenti sacrificiorum vota persolvimus, lapis « est naturaliter communis, nihil differens ab aliis ta- « bulis quæ parietes nostros et pavimenta adornant. « Quia vero sacratum est Dei adjutorio et benedic- « tionem suscepit, inde et mensa sancta efficitur '. »

Hincmar, le célèbre archevêque de Reims, avait une si haute idée de la consécration qu’il défend de dire la messe sur un autel qui ne l’a pas reçue et qu’il exige que les tables soumises aux onctions du saintchrême soient de marbre, de pierre noire, ou présentent un beau grain sur leur surface 2.

C’est surtout dans les poésies de Raban-Maur, évêque de Mayence (847), qu’il faut étudier le style des dédicaces d’autels carlovingiens 3 * S.. Si les vers n’y offrent pas toujours la correction et l’élégance dési-

1. Hard. concil., V, 1 2«j, répété à propos du quatrième concile de Constantinople.

2. Ut iiullus missent celebret in altari non consecrato, vel sine tabula ab cpiscopo consecrata. Et quia quidem presbyteri, præter ecclesiam in qua titulati sunt, etiam capellas habent, et quidam etiam veteres ecclesias restaurant, aut altaria nova construunt propter loci convenientiam, vel immutant, nerno presbyterorum in altario ab episcopo non consecrato ante consecrationem cantare præsumat. Quapropter, si nécessitas poposcerit, donec ecclesia Vel altaria consecrentur, et in capellis etiam quæ consecrationem non merentur, tabulam quisque presbyter, cui necessarium fuerit, de marmore, vel nigra pelra, aut litio hones-'issimo, secundum suarn possibilitatem, honeste affectatam habeat, et nobis ad consecrandum afferat ; quam secum cum expedierit déférât; in qua sacra mysteria secundum ritum ecclesiasticum agerevaleat. {Hard. concil ., v, 408, c.)

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