Cardinal Mai, p
ne fût pas en pierre l, voire même dans les camps et sous les tentes, les autels portatifs devaient être de cette matière a, Un prêtre avait l’expresse défense de célébrer dans un lieu ou sur une table non consacrée3. S il violait cette loi, il courait risque d'être déposé, et les fidèles avaient même défense d’entendre une messe ainsi célébrée. La seule exception était pour les voyages, l’éloignement de l’église, ou une circonstance qui aurait privé le peuple du saint sacrifice. Dans l’incertitude de la consécration, il fallait la célébrer, dût-elle avoir lieu deux fois 4. Il ne suffisait pas que l’église fut consacrée, l’autel devait l’être lui-même, et un prêtre ne pouvait l’y ériger sans la participation de l’évêque. L’empereur se préoccupait non-seulement de l’érection des autels, mais il songeait encore à les rendre d’un aspect plus convenable; le xlvic chapitre du livre V porte ce titre : Des églises et des autels qui doivent être améliorés 8. Le prêtre ne devait pas souffrir qu’on amassât dans les églises les récoltes et le foin.
C’était sur les autels que les laïques venaient déposer leurs serments les plus solennels, sous l’œil de Dieu et devant les saints dont les reliques illustraient le martyrium 6. Cet usage prouve le respect dont ils étaient l’objet et qui motiva cette belle ordonnance de Charlemagne (789) : « Il nous a plu d’avertir votre « Révérence pour que chacun des vôtres surveille sa « paroisse, que l’église de Dieu reçoive l’honneur « qui lui est dû, que les autels soient vénérés selon « leur dignité, que la maison de Dieu et les sacrés « autels ne soient pas accessibles aux chiens, que les « vases consacrés à Dieu soient entourés d’une grande « vénération, le saint sacrifice offert avec grand zèle « par ceux qui en sont dignes et servi avec honneur;
« que les affaires du siècle et les vains propos soient « bannis de l’église, car la maison de Dieu est une « maison de prière et non une caverne de voleurs ;