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HONORE SANCTARUM AGATA, CECILIA, AGNES, LUCIA, SAVINA, FERCINEA

On trouvera sur notre planche la reproduction d’un fragment qui paraît plus ancien que le xie siècle et qui pourrait avoir appartenu à une table sacrée du ixe ou xe. Cette pierre a des trous de scellement, plusieurs angles garnis de plomb, quelques-uns avec des éclats de bois.

Nous devons à Mgr Barbier de Montault le relevé de ces curieuses inscriptions, et les dessins que nous offrons aux lecteurs, à M. Camille Lebrun qui a eu l'obligeance de les exécuter pour notre ouvrage.

Il existait, au commencement du siècle dernier, dans la crypte de l’église de Lobes (Belgique), un autel très-ancien, entièrement construit en briques et sans table de pierre 1 . Un autre autel, de forme carrée et de la construction la plus simple, se voyait, jusqu'en 1806, dans la crypte de Saint-Servais de Maëstricht; des autels semblables se trouvent encore dans la chapelle de saint Macaire à Gand, et dans la crypte de l’église d’Anderlecht 2.

L’église du vieux Dôme à Ratisbonne conserve un des plus anciens autels de l’Allemagne. Ce sanctuaire offre en plan un rectangle de ijm 27 sur6m 90 divisé on deux travées et surmonté de voûtes d’arrêtés ; au nord et au sud, il est garni de quatre niches, et vers l’orient d'une plus grande qui forme la tribune. C’est là qu’est placé l’autel dont nous donnons la figure (pi. LXXVII), bloc de 2m 10 en longueur, de im 36 large sur i.m 1 1 de haut. Le soubassement de cet autel est évidé et forme une sorte de confession à jour

1. Voyage littéraire de deux religieux bénédictins, 2e part., p. 210.

2. Vander Rit, Élude arch. sur l’église souterraine d'Anderl echt-le^- Bruxelles.

Mémoires couronnés et mémoires de savants étrangers de l'Académie royale de Bruxelles, t. XVIII.

Schayes, Arch. en Belgique, II, 151.

ou petit portique éclairé de huit arcatures sur la face et d’une seule en retour. Ces arcatures taillées dans la masse sont garnies de meneaux et de vingt trous circulaires percées dans le fond. Cette disposition et ces dimensions laissent penser que le corps saint était là en entier L

L’ancien Dôme de Ratisbonne est déjà cité dans les chartes du xe siècle sous le titre : Bcisilica sancti Slephani, mais il a pu être détruit par l’incendie de 891. Quast semble attribuer l’édifice actuel au xie siècle et c’est à cette date que le docteur Falk reporte la construction de l'autel.

M. Adler 2, dans sa monographie si intéressante de Reicheneau, publie un autel qui doit dater, non du ixe siècle, époque dont les traces ont presque disparu, mais delà restauration de l’abbé Berno en 1040. Il se compose d’une table chanfreinée latéralement qui couvre une petite confession. Cette confession a une porte à deux vanteaux et à deux jugula en forme d’œils-de-bœuf qui permettaient aux fidèles à droite et à gauche d’y vénérer les saintes reliques. Nous avons gravé ce monument. (PI. LXVII.)

Dans un psautier saxon du British Muséum ( Harl ., n° 603) on voit une miniature représentant un autel plein, avec fortes moulures, entouré des rideaux du sanctuaire et au-dessus le vase sacré qui contient pro bablement les saintes espèces; nous en donnons ici une copie d’après un dessin qu'a bien voulu nous en faire M. Wilson.

Miniature au British Muséum.

1. Forster, Monuments d'architect. d’Allemagne, t. II, p. 20.

Popp et Bulan, Arch. du moyen-âge à Ratisbonne.

De Quast, Deutsches Kunstblalt, 1852.

Henri Otte, Mainiel d'arch.

2. Baugeschichlliche for Schungen in Deutschland — Die hlosier und Stiflskirchetiauf der inél Reicheneau aufgenommen und ge-\eichnet von F. Adler 1870, in-f°, Berlin.

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