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Voyez le cavet qui paraît dans celui de Limerick

On m’a montré à Saint-Pair (Manche) deux autels crucifères en granit que nous mentionnerons ici ; l’un, dont nous donnons la figure et les dimensions ci-jointes, remonte peut-être à l'origine de l’abbaye c’est-àdire au vu' siècle; sa forme étroite et carrée autorise à le supposer. Il devait être porté par un massif maçonné, car le dessous est brut.

La seconde daUe d’autel qui se trouve aujourd’hui au-dessus du tombeau de saint Gaud et qui surmontait autre fois le maître-autel parait beaucoup plus récente. Elle est profilée d’un quart de rond et d’un large cavet, le dessous, à seize centimètres du bord, devient brut et était certainement caché par un massif. Le profil se retourne sur les faces latérales mais non par derrière, ce qui prouve que l’autel était adossé. Cette a 2“ 26 sur 1 mètre de largeur.

J’ai dessiné aussi dans la cathédrale de Coutances un autel adossé du xni' siècle dont la table de 2m 02 sur 0“ 68 est crucifère, supportée en avant par trois petits piliers carrés moulurés dans le haut, et derrière par deux mascarons.

Non loin de Toulon s’élèvent de vastes ruines sur une hauteur ; ce sont les restes de la cité phocéenne de Six-Fours ; le christianisme en faisant refleurir l’antique prospérité de cette ville, y ménagea pendant le moyen-âge une retraite pour les habitants de la contrée devant les incursions sarrasines. On y voit encore dans l’église dédiée à saint Pierre une table d autel dont nous donnons le dessin. (PI. LXXV.) Cet autel fut retrouvé pendant les travaux de 1606 sous la lourde maçonnerie qui formait un grand tombeau avec gradins et tabernacle. II se compose de

AUTELS

deux fortes pierres calcaires, l'une servant de table sacrée, l’autre de cippe pour la soutenir. On remarque des croix gravées aux quatre angles et vers le milieu de la table; au-dessous, à fleur de la pierre du cippe, se trouvent des reliques de l’apôtre saint Pierre, le tombeau qui les contient est simplement fermé par une brique maçonnée. Une élégante fenêtre, en plein-cintre, étroite, est pratiquée derrière l’autel, qui, suivant l’aucien usage, est isolé de la muraille. On retrouve de côté, dans la pierre, les traces des colonnes qui soutenaient son ciborium.

D’après les traditions locales on fait remonter la partie antérieure de cet édifice au ivc siècle, la construction de l’abside passe pour très-ancienne; malgré cela la forme et le caractère des croix de la table sacrée rend le classement de ce monument difficile avant le xi<= siècle. Nous le rattachons à l’époque où l’église fut enrichie par Gaufredi Raimond *, en 1070, et son fils Hugues en 1073.

L’église d’Esquelmes possède un àjtel crucifère dont nous donnons le dessin. (PL LXXV.) D après son plan qui présente la forme d’un temple païen, d’après sa construction en cailloutage et pierres d’inégales grosseurs, ses fenêtres longues et étroites, on a pensé que cette église était d’origine gallo-romaine. On a dit aussi que l’abside et le chœur avaient servi de sépulture à un saint gaulois ; on montre en effet sous la table d’autel deux caveaux superposés destinés à des reliques ; l’autel si remarquable de la crypte d’Anderlecht offre ici grande ressemblance. L’abside en forme de fer à cheval, voûtée en cul-defour, était éclairée par une ouverture pratiquée dans le fond et qui mesurait im de large sur om 60 de haut. On avait ménagé dans le mur de droite une petite piscine et au fond une niche assez vaste pour contenir le siège du célébrant.

L’autel que nous étudions a été caché derrière l’autel actuel, mais on a conservé la maçonnerie qui le supportait ; le tout a été recouvert d’une boiserie hermétiquement fermée. M. l’abbé Nimal, curé d’Esquelmes, a eu la bonté de faire démonter l’autel moderne pour nous fournir les dessins et les mesures que nous reproduisons ici. La pierre grossièrement taillée paraît sortir des carrières du pays. On obser-

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