‹ La messeChapitre 293 sur 346 · Du Cange · texte numérisé non relu

Du Cange

Terminons notre notice du xie siècle par ces belles paroles de saint Anselme qui sont l'exposé du symbolisme des autels à cette époque : « Que signifie l’au- « tel dans le temple ? l’apôtre nous le dit : Il est saint « le temple de Dieu que vous êtes ! Si donc nous « sommes le temple de Dieu nous avons aussi un « autel et cet autel est notre cœur, cet autel sur le- « quel doit s’accomplir le sacrifice de l’épreuve et de « la louange....» et ailleurs : « La pierre de l’autel ne « symbolise pas seulement le Christ, mais aussi les « membres du Christ; non-seulement lui, mais par « lui ses compagnons reçoivent l’onction de l’huile « de joie; cette pierre le rappelle ainsi que ses « membres. Puisqu’on dépose des reliques sur l’autel « nous devons porter aussi des reliques dans notre « cœur !. »

XIIe SIÈCLE

Si Rome semble retardée dans le grand mouvement de la renaissance romane nous devons attribuer cette circonstance à la carrière de matériaux antiques que le sol lui offrait encore et qui semble avoir paralysé l’imagination de ses artistes par un emploi trop facile. Il serait aisé de faire une longue nomenclature des marbres antiques transformés alors pour les usages chrétiens. Nous citerons ici le cippe conservé au Musée de Latran et dont le titulus est gravé en caractères. demi-gothiques du xne ou xme siècle.

DEO AD HONOREM BEATORUM M(ARTYRUM) AGNETIS v(lRGINIs) ET ALEXANDRI PAPÆ OBTULIT ARAM MARCUS ABBAS MO(NASTERIl) HUJUS SANCTÆ PRAXEDIS.

La formule « Deo ad honorem sanctorum » est propre à l’épigraphie du moyen-âge et des temps modernes; M. de Rossi n’en connaît pas d’exemple avant le xic siècle 2. Le cippe lui-même est d’une grande beauté et des meilleurs temps de l'antique; sur le

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